L’incendie sur le littoral du Pas-de-Calais lié à des tentatives de traversées clandestines de la Manche
Une cigarette et une grenade lacrymogène seraient à l’origine de l’incendie qui a ravagé 190 hectares de dunes d’une zone sensible du Pas-de-Calais. Le feu qui a pris le 12 août a été maîtrisé quatre jours plus tard.
Ajouter Courrier Picard sur Google
Temps de lecture: 2 min
Un des départs du feu qui a récemment ravagé une zone sensible du littoral du Pas-de-Calais est « imputable » à des personnes migrantes et un deuxième « pourrait être lié » à une grenade lacrymogène lancée par des gendarmes, a indiqué mercredi 19 août 2026 le parquet.
« Il est d’ores et déjà acquis que le premier départ de feu a pour origine un incendie volontaire imputable aux migrants à la suite de la mise en échec d’un départ de bateau », a indiqué le procureur adjoint de Boulogne-sur-Mer, Patrick Leleu.
Grenade lacrymogène
« Le second départ de feu pourrait être lié à l’intervention des gendarmes et à l’utilisation d’une grenade lacrymogène ; les investigations se poursuivent sur ce point », a-t-il précisé.
« Aucune interpellation » n’a eu lieu à ce stade et l’enquête sur l’origine de ces départs de feu se poursuit, a ajouté le parquet.
L’incendie qui avait débuté mercredi 12 août dernier a été maîtrisé lundi 17 août selon les autorités.
Il a ravagé 190 hectares d’une zone dunaire du littoral du Pas-de-Calais, également fréquentée par de nombreux touristes.
« Ils ont le droit de se défendre »
Selon Angèle Vettorello, coordinatrice de l’association Utopia 56 à Calais qui a recoupé des témoignages de riverains et de personnes exilées présentes, une grenade lacrymogène aurait été tirée par des gendarmes alors qu’un « bateau était transporté vers la mer », et « les traînées de fioul » causées par ce dernier auraient alors entraîné la mise à feu de végétation sur les dunes.
L’autre départ de l’incendie pourrait quant à lui être lié à des « cigarettes de personnes exilées », a-t-elle détaillé, déplorant la « pression de la part des autorités » subie par les personnes qui attendent, parfois « plusieurs jours voire des semaines » avant de tenter de rejoindre l’Angleterre sur des embarcations précaires.
Interrogé lundi lors d’un point presse sur l’usage des lacrymogènes, le préfet du Pas-de-Calais François-Xavier Lauch avait rappelé que les gendarmes, s’ils « se font agresser, ils ont le droit de se défendre », ajoutant faire « très attention à ces questions d’emploi du feu ».
Le parquet de Boulogne-sur-Mer avait ouvert la semaine dernière une enquête à la fois pour « destruction involontaire » et « destruction volontaire par incendie ».
Lire aussi
Le Scouarnec impliqué dans 10 autres viols et 40 agressions sexuelles ? Une information judiciaire ouverte
Deux réalisateurs français arrêtés et détenus au Togo depuis fin juillet