L'oeil de la rédaction. Edito. Du nuage de Tchernobyl aux fumées des incendies : la pollution ignore toujours les frontières…

L'oeil de la rédaction. Edito. Du nuage de Tchernobyl aux fumées des incendies : la pollution ignore toujours les frontières…

Depuis dimanche soir, les réseaux sociaux sont inondés de message inquiets « d'odeurs de fumées » laissant présager un incendie à proximité. De la Moselle à Pont-à-Mousson les témoignages se multiplient au point que les autorités préfectorales se sont fendues de communiqués expliquant l'origine dans d'importants incendies en Belgique. L'odeur n'a pas de frontière...

Michel Klekowicki -

Aujourd’hui à 19:15

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Incendies dans les Hautes Fagnes jusqu'en Meuse. Photo Richard Raspes

Incendies dans les Hautes Fagnes jusqu'en Meuse. Photo Richard Raspes

La pollution ne connaît pas les frontières. C’était vrai le 26 avril 1986 du côté de Tchernobyl, ça l’est aujourd’hui encore avec un incendie géant en Belgique dont les fumées font tousser l’est de la France. Il y a une nuance de taille pourtant. Il y a quarante ans, les autorités avaient préféré le silence à la vérité. L’épisode du nuage contaminé s’arrêtant pile-poil à la frontière française faisait, au choix, rire ou pleurer les habitants des régions où des taux de césium-137 extravagants ont été mesurés un mois plus tard. Les sangliers et les champignons radioactifs ont démontré, de manière tragicomique, que les nuages toxiques n’ont aucune notion de géographie et se fichent pas mal des douaniers. Quatre décennies plus tard, la France a-t-elle retenu la leçon ? A priori oui.

Savoir comment réagir

Dans l’affaire qui nous occupe, les préfectures concernées ont déclenché une alerte à la pollution atmosphérique incluant des mesures ponctuelles. Réduction de la vitesse routière, interdiction du brûlage et des feux d’artifice (ce qui tombe sous le sens, non ?) et interdiction des travaux générateurs de poussière sur les chantiers… sauf en cas d’arrosage pour éviter la dispersion. Comme l’utilisation de l’eau est strictement limitée, on peut raisonnablement estimer qu’il ne s’est trouvé personne pour gaspiller des litres d’H2O en humidifiant des gravats…

Bref, en termes de temps de réaction, ici ou ailleurs en France, les autorités ont progressé. Mais sur la pente où va le monde, ne faudrait-il pas envisager de passer la vitesse supérieure ? Former les citoyens aux bons réflexes ? Édicter des consignes claires en cas d’inondation, de canicules, de fumées volatiles ou d’autres phénomènes capricieux ? Alerter, c’est bien, savoir comment réagir, c’est mieux : voilà toute la différence entre subir un risque et s’y préparer. Quarante ans après Tchernobyl et avec ce climat totalement détraqué, il serait peut-être temps d’y penser, non ?