L'oeil de la rédaction. Edito. Les lycéens privés de téléphone dès la prochaine rentrée

L'oeil de la rédaction. Edito. Les lycéens privés de téléphone dès la prochaine rentrée

Pour Michel Klekowicki, notre éditorialiste du jour, même si l’interdiction des smartphones dans les lycées ne réglera pas tous les problèmes, elle doit au moins mettre en lumière les dégâts causés par les plateformes TikTok, Snapchat ou autre YouTube sur les jeunes générations.

Michel Klekowicki -

Aujourd’hui à 19:47

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Photo Séverine Kichenbrand
Photo Séverine Kichenbrand

À chaque rentrée scolaire son leitmotiv. Il y a eu le « choc des savoirs », le bannissement du qamis et de l’abaya, le renforcement de la lecture ou l’expérimentation de l’uniforme à l’école. Avec, il faut le dire, plus ou moins de suivi et de succès. Pour le millésime 2026, le message principal martelé par le ministre de l’Éducation nationale se situe à la frontière entre la technologie et la santé publique : interdire l’usage des téléphones portables au lycée.
Promulguée par Emmanuel Macron, la loi entrera en application dès le 1er septembre. Même s’il a essuyé un camouflet des Sages sur l’accès aux réseaux sociaux avant 15 ans, le Président essaie de sauver ce qui peut l’être dans sa « grande loi » de fin de mandat. C’est-à-dire pas grand-chose. À une semaine de la rentrée, cette « précipitation » fait déjà grogner les syndicats qui estiment que les établissements ne seront pas prêts pour organiser la mise sous séquestre des satanés smartphones. Certes. Ce n’est pas la première fois que la parole politique va plus vite que la musique, mais au moins, cette fois, elle semble aller dans le bon sens.

Un premier pas

Peu importe finalement que l’interdiction soit effective le 1er septembre ou dans les mois qui suivront : l’essentiel est de mettre un terme au parasitage des cours par l’usage de réseaux dont la nocivité commence à être bien cernée par les scientifiques. C’est d’ailleurs sur ces travaux que s’appuient les tribunaux américains pour mettre Meta, YouTube, TikTok ou Snapchat sur le gril. Des décisions tombent régulièrement pour sanctionner, à coups de millions de dollars, la mise en danger des mineurs. Alors bien sûr, priver les lycéens de leur « doudou technologique » pendant quelques heures n’est pas une solution miraculeuse. Mais c’est un premier pas vers la prise de conscience des dégâts causés par ces plateformes qui maintiennent, via les écrans, des générations entières sous hypnose.