L'oeil de la rédaction. Edito. Sécheresse : les agriculteurs demandent l’aide d’un État dont les finances sont à sec

L'oeil de la rédaction. Edito. Sécheresse : les agriculteurs demandent l’aide d’un État dont les finances sont à sec

La chaleur en continu depuis le mois de juin. Des incendies à répétition. Des orages et coulées de boues en montagne. Le dérèglement climatique est au rendez-vous et n'épargne pas le monde agricole déjà bien affaibli par ces crises à répétition. Comme ils l'ont fait par le passé, les agriculteurs lancent un cri d'alarme et réglament des aides de l'Etat.

Michel Klekowicki -

Hier à 20:41

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Le monde agricole est mis à rude épreuve avec le réchauffement climatique. Photo Léa Didier.

Le monde agricole est mis à rude épreuve avec le réchauffement climatique. Photo Léa Didier.

Les animaux d’élevage souffrent, les récoltes sont calamiteuses, l’eau manque partout. Tel est, en quelques mots, le tableau des maux qui frappent la France agricole depuis la fin mai. Pour certains, dont les vignes ont été épargnées par la grêle, les vendanges vont commencer. Pour quel résultat dans les cuves ? Mystère. D’autres pleurent toujours les hectares perdus dans les incendies. Tragique. Alors que l’estimation des dégâts est à peine esquissée, les représentants du secteur crient déjà à la catastrophe. Selon la FNSEA, les mesures d’urgence et le « plan global » annoncés par le gouvernement ne sont pas à la hauteur des demandes : le syndicat, par la bouche de son président, Arnaud Rousseau, réclame un choc de réactivité et un plan massif « de plusieurs milliards d’euros ». De son côté, le gouvernement dit attendre la fin août pour connaître précisément l’ampleur de la crise : un laps de temps trop long pour les agriculteurs dont la trésorerie est exsangue. À l’évidence, cet été caniculaire pourrait s’avérer mortel pour des centaines d’exploitations. Pour autant, l’État peut-il se permettre de faire pleuvoir les subventions sur ce pan de l’économie sinistré ?

Des milliards

La réponse est bien entendu négative. La dette a encore gonflé et l’augmentation des taux d’intérêt pourrait conduire, selon les économistes, à un « effet boule de neige » dramatique pour les finances publiques. Bref, l’avalanche de mauvaises nouvelles qui s’abat sur le pays et les demandes de compensation qui en découlent tombent on ne peut plus mal. L’équation est impossible à résoudre en effet : en mobilisant des milliards qu’il n’a pas pour sauver l’agriculture, l’État ne ferait que creuser un peu plus sa tombe budgétaire. Sans compter que d’autres filières, fragilisées par la météo ou le contexte international, espèrent aussi des aides. Bref, en France en 2026, c’est sécheresse à tous les étages et de violents orages sociaux en formation pour la rentrée.