L'oeil de la rédaction. L’édito : Le contrôle antidopage de Vingegaard ne dessert-il pas la cause ?
Sans bien évidemment remettre en cause la pertinence des contrôles antidopage inopinés, notre rédacteur en chef Frédérick Macé s’interroge et demande à ce que les contrôles évoluent autant que le dopage lui-même. Surtout au regard de la chute Jonas Vingegaard, le dauphin de Pogacar.
Frédérick Macé -
Hier à 22:16
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Photo Alexandre Marchi
À une vingtaine de kilomètres du plateau de Solaison (Haute-Savoie) où devait être jugée la 15e étape du Tour de France, dimanche 19 juillet, Jonas Vingegaard, double vainqueur en 2022 et 2023 du Tour de France, voit sa roue avant se dérober dans un virage. Le coureur chute sur son épaule droite et reste à terre un long moment. L’image du Danois, le bras en écharpe, le visage tordu par la douleur, avant d’être conduit vers une ambulance, aura marqué la Grande Boucle. Quelques heures plus tôt, pourtant, c’est une autre scène qui s’était jouée, loin des caméras : à deux heures du matin, le Danois était réveillé dans sa chambre d’hôtel pour un contrôle antidopage. La lutte contre le dopage est indispensable. Le cyclisme en connaît mieux que quiconque le prix. Des décennies de tricherie ont durablement abîmé sa crédibilité. Les contrôles inopinés sont nécessaires. Mais une question demeure : cette efficacité justifie-t-elle tout ? Personne ne peut établir un lien entre la chute de Vingegaard et ce contrôle nocturne. Et il serait irresponsable de le faire. En revanche, le simple fait que cette hypothèse soit aujourd’hui discutée par l’ensemble de la caravane du Tour de France, révèle un malaise.
Pas tous égaux
Imaginerait-on un Novak Djokovic ou un Kylian Mbappé réveillés à deux heures du matin, à la veille d’une finale majeure, pour un contrôle antidopage ? On connaît la réponse. Les méthodes de dopage évoluent. Les contrôles doivent évoluer eux aussi. Si les prélèvements nocturnes sont devenus indispensables, alors le débat mérite d’être posé publiquement. Les instances doivent expliquer pourquoi ils sont nécessaires, dans quelles conditions ils sont décidés et quelles garanties existent pour qu’ils n’altèrent pas la performance des sportifs, voire leur intégrité. Car la crédibilité d’une victoire repose aussi sur la certitude que rien, pas même le contrôle destiné à protéger la compétition, n’a pu en modifier le cours.