L'oeil de la rédaction. L'édito. Nadia Comaneci, la perfection au féminin

L'oeil de la rédaction. L'édito. Nadia Comaneci, la perfection au féminin

L’espace d’une journée, Alexandre Poplavsky, notre éditorialiste du jour, prend un peu de recul… Il délaisse la Coupe du monde de football, les guerres, la politique nationale et les incendies pour évoquer le fabuleux destin de la gymnaste Nadia Comaneci dont la vie a basculé il y a tout juste 50 ans. Une vraie bouffée d’air frais en ces temps de canicule.

Alexandre Poplavsky -

Hier à 20:47 | mis à jour hier à 21:22

  • Temps de lecture :

Nadia Comaneci à Montréal en 1976.

Nadia Comaneci à Montréal en 1976.

C’était il y a tout juste 50 ans. Nous sommes le 18 juillet 1976. Les Jeux Olympiques d’été de Montréal viennent de s’ouvrir et une petite fée de 14 ans s’apprête à entrer au Panthéon des plus grands exploits sportifs de tous les temps. Son nom : Nadia Comaneci. Sa performance a d’autant plus marqué l’histoire du sport que personne ne soupçonnait la jeune Roumaine capable de voler, ce jour-là, la vedette aux gymnastes de la prestigieuse école russe. À l’entraînement, elle s’interroge, se pose des questions, se demande ce qu’elle peut faire de mieux que les autres. « J’ai décidé de mettre un peu d’amplitude à chaque élément », confie-t-elle encore aujourd’hui. La voilà devant les barres asymétriques. Une grande respiration et son enchaînement, dans un silence de cathédrale, subjugue. Sa sortie est impeccable. Elle attend sa note. Les secondes s’égrènent et puis finalement le tableau informatique s’affole. Il affiche « 1.00 ». Nadia Comaneci se dit d’abord que le compteur est resté bloqué, qu’il n’arrive pas à dérouler les autres chiffres. Non, en fait le tableau n’est pas calibré pour la note de 10, la note parfaite. Une stupeur se répand dans tout le gymnase.

Une légende vient de naître

Depuis l’apparition d’un barème en gymnastique, jamais une ou un athlète n’avait obtenu cette perfection aux JO. Une légende vient de naître et elle n’est pas prête à s’arrêter. Sur ces seuls Jeux d’été, elle enquillera six autres fois un 10. Celle qui demeurera à jamais la plus jeune médaillée d’or en gymnastique (l’âge minimal est passé depuis à 16 ans pour concourir aux JO) repartira du Canada avec 5 médailles autour du cou dont trois en or. De retour en Roumanie, elle est reçue en grande pompe par le dictateur Nicolae Ceaușescu. Décoration, petits privilèges mais le froid et la faim qui meurtrissent la population font partie aussi de son quotidien. Treize ans plus tard, le 26 novembre 1989, elle s’offre une dernière victoire sur son destin en gagnant cette fois… sa liberté.