La Chambre de commerce du Montréal métropolitain veut couper dans la…
À l’aube de la campagne électorale provinciale, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) a dévoilé ses recommandations pour la prochaine législature. Au centre de ses préoccupations : la nécessité d’alléger le fardeau réglementaire.
« Montréal évolue en deçà de son plein potentiel », a constaté mercredi la présidente et cheffe de la direction de la CCMM, Isabelle Dessureault. C’est pourquoi la chambre de commerce a rendu public un livre blanc qui contient neuf recommandations visant à alimenter le débat en vue des prochaines élections.
La priorité du prochain gouvernement devrait aller à la réduction de la bureaucratie, estime Mme Dessureault. « On dit de faire de l’allègement réglementaire et administratif une urgence nationale », a-t-elle déclaré devant des représentants du milieu des affaires réunis à PHI, dans le Vieux-Montréal.
« Ce sont 145 000 exigences réglementaires qui s’imposent aux entreprises du Québec, a souligné Jessica Bouchard, vice-présidente aux affaires publiques et économiques et aux initiatives d’impact à la CCMM. Ça représente 11 milliards de dollars en frais, environ 40 000 $ par entreprise. » Ce cadre réglementaire constitue un « frein économique », selon elle.
Pour donner du souffle aux entreprises, la Chambre demande une réduction de 20 % du fardeau réglementaire d’ici 2030. Elle propose plusieurs mesures pour y arriver, dont l’élimination des dédoublements administratifs, l’harmonisation du cadre réglementaire entre les paliers de gouvernements et l’adoption à grande échelle de la règle du « deux pour un », voulant que pour toute nouvelle formalité administrative, deux formalités existantes soient éliminées.
Prête à collaborer
La CCMM recommande de « changer de cap pour la réalisation des grands projets et le maintien des infrastructures ». Elle souhaite, entre autres, que toutes les infrastructures aient un « bilan de santé » et que le maintien des actifs devienne une « priorité budgétaire ».
L’organisation a ciblé certains projets qui devraient, à son avis, être avancés ou complétés d’ici 2030. Parmi ceux-ci, on retrouve notamment la modernisation des installations de l’Omnium Banque Nationale, un système de transport structurant dans l’est de la métropole et le train à grande vitesse Alto.
Le livre blanc présenté mercredi contient également des recommandations à propos de l’octroi des contrats publics, de la vitalité du centre-ville de Montréal et de la démographie de la région métropolitaine, entre autres choses.
À savoir si un parti serait plus réceptif qu’un autre à ses recommandations, Mme Dessureault est demeurée prudente. « On a présenté ce livre blanc à tous les partis, on a reçu tous les chefs et je pense qu’il y a plusieurs de ces éléments-là qui résonnent. En même temps, les plateformes électorales ne sont pas encore dévoilées, [ni] les plateformes économiques. […] La certitude, c’est que la Chambre de commerce du Montréal métropolitain collaborera avec le prochain gouvernement. »
Climat d’incertitude
La sortie de la CCMM survenait au lendemain du report par Donald Trump de l’imposition de nouveaux droits de douane sur plusieurs produits canadiens. Le président américain a laissé entendre que la conclusion d’une entente commerciale avec le Canada serait imminente.
« Il est clair que ça pose des inquiétudes pour notre écosystème », et ce, dans différents secteurs d’activité, a soulevé Isabelle Dessureault. En réponse à ces inquiétudes, « il nous faut, plus que jamais, cette mobilisation entre nous et entre les régions du Québec ».
Idéalement, un accord commercial serait conclu dans les prochains jours, a ajouté Mme Dessureault. Elle a tout de même souligné l’importance pour les entreprises de diversifier leurs marchés au-delà des États-Unis.