La crainte d'une troisième guerre mondiale augmente, selon l'Onu : "Les risques politiques sont passés au premier plan"

La crainte d'une troisième guerre mondiale augmente, selon l'Onu : "Les risques politiques sont passés au premier plan"

Dans le rapport sur les risques globaux de l'Onu pour 2026, la crainte d'une troisième guerre mondiale réalise un bond fulgurant au classement, grignotant seize places par rapport à 2024 pour atterrir en quatrième position. C'est la menace imminente qui a le plus progressé sur deux ans.

Pour établir ce rapport, un sondage a été réalisé auprès de 1 300 représentants de gouvernements, d'organisations internationales, de la société civile, du secteur privé et du monde universitaire, interrogés dans toutes les régions du monde.

La perspective d'une guerre mondiale gagne en importance

Plus d'un tiers d'entre eux estiment désormais qu'une guerre mondiale pourrait avoir, dans l'année, des conséquences touchant une part importante de l'humanité. Et ils sont 76% à envisager un tel scénario d'ici sept ans, affirme encore le rapport de l'Onu sur les risques globaux.

"Ensemble nous sommes plus forts" : le Canadien Mark Carney explique aux Européens comment il envisage l'alliance entre son pays et l'Union

Autre signe de l'inquiétude liée à cette menace, la guerre est le seul des 28 risques examinés à figurer parmi les plus préoccupants selon quatre critères : importance, imminence, liens avec d'autres menaces et manque de préparation de la communauté internationale pour y faire face.

guillement

"Les conclusions donnent à réfléchir. Les risques politiques sont passés au premier plan"

"Les conclusions donnent à réfléchir. Les risques politiques sont passés au premier plan", écrit le Secrétaire général de l'Onu, António Guterres, dans la préface du rapport. "Dans le même temps, les institutions censées y répondre sont jugées moins capables d'agir", regrette le Portugais.

L'impréparation au changement climatique continue d'inquiéter

Alors que l'été 2026 a été marqué par des vagues de chaleur, incendies et catastrophes naturelles d'ampleur - comme les inondations ayant causé la mort de 1 300 personnes au Népal - le réchauffement climatique reste en tête des menaces identifiées comme imminentes. La désinformation et les tensions géopolitiques complètent le podium. A l'inverse, par rapport à 2024, le risque d'une nouvelle pandémie a perdu en importance aux yeux des personnes interrogées par les Nations unies, sortant du top 10.

IA: le chef de l'ONU appelle à une "coordination mondiale"

"L'étude dessine surtout un paysage où les crises s'alimentent mutuellement. Pénuries de ressources naturelles, fragmentation économique, désinformation ou affaiblissement des institutions multilatérales sont perçus comme autant de facteurs susceptibles d'exacerber les tensions géopolitiques, lesquelles accroissent à leur tour le risque de guerre", écrit l'Onu dans la synthèse du rapport pour l'année 2026.

Face à l'ensemble des défis qui traversent le monde, les résultats de cette enquête livrent un sentiment d'impréparation et d'inaction de la part des autorités. "Aucun pays, aucune entreprise, aucune institution ne peut affronter ces risques seul, souligne António Guterres. Nous devons aux générations présentes et futures d'utiliser ces connaissances à bon escient et d'agir tant que la coopération peut encore tracer une voie plus sûre. Le choix nous appartient".

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.