La fin des plaines communales confirmée à Namur, et des critiques ravivées

La fin des plaines communales confirmée à Namur, et des critiques ravivées

Avant l'été, la Ville de Namur avait annoncé sa décision de ne plus organiser elle-même de plaines de vacances, préférant favoriser les collaborations avec des partenaires privés. Coût inhérent à l'organisation de l'accueil, difficulté à recruter des animateurs, baisse de fréquentation: l'échevin Christophe Capelle avait longuement justifié ce choix. Il avait expliqué que ce nouveau mode d'organisation permettait justement de garantir le maintien de plaines dédiées à la jeunesse sur le territoire namurois. Pour l'opposition, la pilule n'était pas passée.

Confirmation mardi soir: les échanges houleux sur la question ont repris là où ils s'étaient arrêtés, en avril dernier. Un point découlant de cette décision figurait à l'ordre du jour: l'abrogation du règlement général relatif à l'organisation des plaines de vacances. Celui-ci n'a plus lieu d'être puisque, compte tenu de la réorientation opérée en matière d'accueil temps libre, la Ville n'a pas introduit de nouvelle demande afin de renouveler son agrément, en tant que pouvoir organisateur de centres de vacances, auprès de l'Office de la naissance et de l'enfance. Cet agrément est arrivé à échéance le 30 juin 2026.

"Les plaines de la Ville de Namur sont un service public essentiel sur les plans social, éducatif et économique", a rappelé Christine Halut (Écolo). L'ancienne échevine de la Jeunesse évoque un coût oscillant entre 38 et 50 € pour les familles. Tandis que "les stages privés représentent une charge financière supplémentaire. Cette suppression des plaines prive de nombreux enfants de moments de rencontres, d'ouverture et de découvertes", a-t-elle dit. Pour Christine Halut, la décision du collège met à mal un service public dont la mission est d'assurer "un accès équitable, sans discrimination, avec une inclusion des citoyens et citoyennes les plus vulnérables".

Véronique Léonard (PTB) accuse la bipartite Les Engagés-MR de noyer les vraies raisons de son choix dans un flot de justifications. "Vous pouvez vous dédouaner: c'est un choix budgétaire", a-t-elle insisté. "Faire garder ses enfants pendant les vacances va passer du simple au double."

Fabian Martin (PS) a redit combien cette décision était contraire à la déclaration de politique communale présentée en début de législature par la majorité. "Ce que vous avez promis n'est en rien le reflet de ce que vous décidez aujourd'hui. C'est une véritable régression sociale. Vous avez menti aux Namuroises et aux Namurois."

L'opposition a, une nouvelle fois, intimé à la majorité de revoir sa position. En vain.

"Ne pas concurrencer les opérateurs"

Dans l'autre camp, forcément, la perception de la décision est tout autre. La conseillère Isabelle Hambenne-Beudels (Les Engagés) a affiché son plein soutien à l'exécutif communal, tout en tançant la minorité. "Arrêtez de présenter cette décision comme si la Ville avait décidé de tourner le dos aux enfants et aux familles. On supprime un mode d'organisation qui ne fonctionne plus. Ce changement ne signifie pas moins de plaines, au contraire, a-t-elle déclaré. Le service public, ce n'est pas la Ville qui doit obligatoirement tout faire elle-même. C'est aussi une Ville qui crée les conditions pour que les enfants et les familles aient accès à une offre de qualité."

Et cet été, la demande a-t-elle été à la hauteur de l'offre ? Pas selon l'échevin de la Jeunesse, Christophe Capelle. À Namur, 66 opérateurs ont organisé 351 stages, activités ou plaines en juillet et en août. Soit une capacité d'accueil de plus de 7 000 places."À titre de comparaison, nous recensons 11 423 enfants de 3 à 12 ans sur le territoire. Nous n'avons pas encore les chiffres consolidés, mais les retours du terrain sont très clairs: la plupart des opérateurs ont du mal à remplir leurs stages. Certains ont même dû en annuler, faute d'inscriptions. La tranche des 8-12 ans est particulièrement difficile à remplir, y compris pour des activités peu coûteuses", a argumenté l'échevin. Celui-ci avance plusieurs explications: une offre très importante, l'évolution des habitudes ou encore le raccourcissement des vacances scolaires. Autant de paramètres qui, pour le collège, confirment que sa décision n'a rien d'idéologique. "Nous avons fait un choix: ne pas concurrencer les opérateurs, mais les valoriser."

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