La plainte d’Apple pourrait sérieusement ralentir les ambitions matérielles d’OpenAI
Le torchon brûle entre Apple et OpenAI. Cupertino a porté plainte contre l’entreprise de Sam Altman, qu’elle accuse de vol de secrets industriels. Bien qu’OpenAI conteste les accusations, l’affaire risque de compromettre sa tentative de mettre sur pied un véritable rival à l’iPhone.

La plainte accuse OpenAI d’avoir encouragé les employés d’Apple souhaitant la rejoindre à dévoiler des projets à venir pendant leurs entretiens d’embauche. Un ancien ingénieur matériel de l’iPhone aurait partagé des secrets de conception une fois en poste et transmis un petit guide pour contourner certaines mesures de sécurité. The Verge a relevé d’autres accusations : certains candidats auraient été invités à présenter des composants ou des documents techniques provenant d’Apple, tandis qu’OpenAI aurait approché des fournisseurs de Cupertino à partir d’informations confidentielles.
Apple poursuit OpenAI et plusieurs anciens employés de Cupertino pour vol de secrets industriels
Au total, OpenAI compterait désormais plus de 400 anciens employés d’Apple dans ses rangs. Face à tout cela, Apple a sorti le chéquier et envoyé certains cadres haut placés discuter avec les ingénieurs pour les inciter à rester à Cupertino. La question des secrets d’affaires serait devenue l’une des principales préoccupations internes d’Apple au cours des derniers mois. Il faut dire qu’OpenAI s’est constitué une équipe redoutable, avec certains des ingénieurs les plus en vue de la Silicon Valley et nul autre que Jony Ive pour donner la forme du futur produit.
La plainte d’Apple mettra probablement des mois avant d’aboutir à quoi que ce soit. Pour Mark Gurman de Bloomberg, sa médiatisation devrait tout de même donner un avantage immédiat à la Pomme. Des employés tentés par un départ pourraient hésiter à rejoindre OpenAI, tandis que le recrutement de la start-up et le transfert de connaissances risquent de ralentir.
L’affaire pourrait aussi alourdir le fonctionnement d’OpenAI, avec davantage de contrôles internes, de procédures juridiques et de prudence dans les échanges entre anciens employés d’Apple. Si Cupertino parvient à prouver que ses secrets ont été utilisés, OpenAI pourrait même être contrainte de revoir la conception de certains produits.

Apple pourrait également peser sur la chaîne de production. Certains fournisseurs pourraient hésiter à travailler avec OpenAI, par crainte de fragiliser leurs relations avec Cupertino ou d’être mêlés au litige. Sans attendre le verdict, Apple a donc peut-être déjà obtenu l’essentiel : ralentir son nouveau rival.
Dans l’immédiat, OpenAI estime toujours être en mesure de présenter son premier produit en 2026, avant un lancement en 2027, selon une source proche du dossier citée par Bloomberg. Un produit plus simple qu’un smartphone devrait ouvrir le bal, même si son objectif à long terme reste de créer un véritable concurrent à l’iPhone. Ce calendrier pourrait toutefois encore évoluer, le temps pour l’entreprise d’évaluer les conséquences de la plainte d’Apple.