La plus vieille épave du monde découverte en Turquie : un trésor de 4700 ans
Publié le 17 octobre 2026 à 19:45 par Christian D.
Plonger au large de la Turquie, c'est parfois comme ouvrir un livre d'histoire dont les pages n'auraient jamais été lues. Une équipe d'archéologues vient d'en tourner une, vieille de près de cinq millénaires.
La plus vieille épave du monde, datant de 4 400 à 4 700 ans, a été découverte près de l'île de Kekova en Turquie.
Son chargement d'amphores en céramique, certaines contenant encore des résidus, offre un aperçu sans précédent sur les routes commerciales de la Méditerranée durant l'Âge du Bronze Ancien, à l'époque où la Grande Pyramide de Gizeh était en construction.
Comment cette épave a-t-elle été datée sans le bois du navire ?
La datation précise a été réalisée à partir de la précieuse cargaison du navire. Sans bois (la coque ayant disparu depuis longtemps) pour une datation au radiocarbone, les chercheurs se sont tournés vers les artefacts en céramique.
Plus de 30 amphores et trois ancres en pierre ont été retrouvées éparpillées sur une pente sous-marine, à seulement 30 mètres de la surface. Ces poteries sont une véritable carte d'identité en terre cuite.
L'équipe a analysé la forme, le style et les techniques de décoration de ces amphores. Le design, avec deux anses, une arête centrale et une base plate, correspondait parfaitement à des poteries du même type retrouvées en Égypte et au Moyen-Orient.
Ces dernières étaient formellement datées de l'Âge du Bronze Ancien, soit entre 4 400 et 4 700 ans. La correspondance était si parfaite que le professeur Öniz, qui a exploré les restes de l'épave, affirme une certitude de « 100 % ».
Que transportait ce navire de l'âge du Bronze ?
La cargaison de cette épave antique est une capsule temporelle économique. L'analyse de l'argile des amphores suggère qu'elles ont été fabriquées dans la vallée du Jourdain.
Le contenu, lui, fait l'objet d'analyses poussées mais les premières observations des résidus recueillis au fond des amphores offrent un aperçu précieux de leur cargaison et de leur usage.
Credit : Arkeolojihaber (Facebook)
Les hypothèses penchent vers des denrées précieuses comme l'huile d'olive, le vin ou des résines d'arbre. Fait encore plus fascinant, une amphore présente des marques uniques qui pourraient indiquer une utilisation pour la fabrication de fromage ou de beurre.
Cela suggère que les marins emportaient peut-être des chèvres à bord pour avoir du lait frais durant leurs longs voyages. Une logistique bien plus complexe qu'on ne l'imaginait pour l'époque.
Quelle est l'importance historique de cette découverte ?
Cette trouvaille dessine la carte du commerce maritime du troisième millénaire avant notre ère. Jusqu'ici, l'épave de Dokos en Grèce, vieille d'environ 4 200 ans, détenait le titre.
Le navire de Kekova repousse cette chronologie de plusieurs siècles. Il représente une « pièce manquante » cruciale pour comprendre les réseaux d'échanges qui reliaient déjà l'Égypte, le Levant, la future Turquie et peut-être même la Crète minoenne.
Le navire, parti probablement des côtes du Levant, se dirigeait vraisemblablement vers Troie ou la Crète avant de sombrer. Sa cargaison prouve l'existence d'un réseau commercial complexe et internationalisé bien avant ce que l'on pensait.
Journaliste GNT spécialisé en mobilité / Ante-Geek des profondeurs du Web et d'ailleurs
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