La sécheresse pose un sérieux défi aux pompiers: "Les interventions sont beaucoup plus fréquentes et difficiles à gérer qu'auparavant"

La sécheresse pose un sérieux défi aux pompiers: "Les interventions sont beaucoup plus fréquentes et difficiles à gérer qu'auparavant"

La Belgique respire : après un début d'été marqué par des vagues de chaleur intenses, les températures semblent enfin revenir à la normale depuis ce week-end. Cependant, l'absence de pluie a complètement desséché les sols et les végétaux, augmentant le risque d'incendie et contraignant le Gouverneur du Hainaut à étendre les mesures de prévention jusqu'au 31 juillet inclus. L'arrêté prévoit, entre autres, l'interdiction totale des feux en plein air.

Du côté de la Zone de Secours de Wallonie picarde, on salue la mise en place de ces mesures. "Le risque est vraiment élevé dans toute la région", confirme Bastien Vervaeke, le commandant de la zone. "Depuis le début de ces épisodes de chaleur, on effectue généralement au moins une grosse intervention par jour." Ces derniers jours et ce week-end encore, les pompiers ont été sollicités.

Un matériel pas vraiment adapté

La situation a empiré, ces dernières années. La multiplication des épisodes de chaleur ainsi que la raréfaction des précipitations ont fortement renforcé les probabilités d'incendie, comme en témoigne Baudouin Vervaeke : "les interventions sont beaucoup plus fréquentes et difficiles à gérer qu'auparavant. Il y a dix ans, on ne paniquait pas en allant sur un feu de champ. Aujourd'hui, le stress est beaucoup plus présent." De plus, les secours se retrouvent parfois démunis face aux feux de champ les plus intenses. "Aujourd'hui, notre matériel n'est pas vraiment adapté pour ce type de feu. Ça demande des efforts supplémentaires de la part de nos équipes qui évitent d'engager des véhicules trop vite sur un champ. Le vent peut tourner et piéger le camion dans l'incendie, c'est déjà arrivé ailleurs."

Afin de pallier le manque de matériel indiqué face aux feux de champ, la zone de secours de Wallonie picarde va prochainement se munir d'un nouveau camion spécifiquement pensé pour ce genre de situations. Il devrait être opérationnel à l'été 2027. En attendant, la formation a d'ores et déjà été remaniée : la gestion des feux en espace naturel fait désormais partie du tronc commun des futurs pompiers.

Les feux de champ, la faute des moissons ?

Outre les conditions météorologiques particulièrement favorables aux incendies, les moissons sont également un facteur-clé dans la multiplication des départs de feu. "La présence des machines dans les champs n'est pas vraiment une bonne nouvelle", explique Baudouin Vervaeke. "Un tracteur peut surchauffer, un autre peut créer une étincelle à cause d'un frottement… ça peut aller très vite. Quand les moissons seront terminées, le risque diminuera. De plus, il y aura moins de matières combustibles sur les champs."

Des conditions de travail particulièrement stressantes pour les agriculteurs qui ne sont pas toujours équipés pour communiquer rapidement un début d'incendie. "Comme ils n'ont pas leur téléphone sur eux, ils doivent parfois retourner à leur ferme pour pouvoir nous prévenir. Forcément, on perd en temps et en précision", regrette Baudouin Vervaeke. D'autant que ces dernières semaines, la règle des "trois fois trente" (une température supérieure à 30 ºC, un taux d'humidité inférieur à 30 % et un vent dépassant les 30 km/h) était atteinte. Les pompiers estiment que ces conditions réunies sont les plus favorables aux incendies en zone ouverte. Il devient alors crucial d'agir rapidement.

Quid des feux d'artifice ?

L'arrêté provincial sur les risques d'incendie prévoit également une interdiction totale des feux d'artifice sans autorisation préalable du bourgmestre. Or, la fête nationale approchant, bon nombre de tirs prévus le 21 juillet sont annulés. Des décisions difficiles mais approuvées par Baudouin Vervaeke : "on a traité toutes les communes de la même manière", développe-t-il. "On déconseille fortement d'organiser des feux d'artifice. Les risques sont trop importants, même si les conditions climatiques reviennent à la normale. La végétation est extrêmement sèche."

Si les communes de Tournai, Brunehaut et Rumes ont déjà officialisé l'annulation de leur feu d'artifice, d'autres restent en suspens. Le dernier mot reviendra au bourgmestre de chaque commune.


GSM et autres appareils électronique: attention, danger !

Le commandant de la Zone de secours de Wallonie picarde, Baudouin Vervaeke, désigne nos téléphones comme un risque d'incendie potentiel. "Évidemment, dans les gestes à bannir, on pense rapidement aux gens qui jettent leurs mégots dans la nature", concède-t-il. "Mais on pense plus rarement à nos téléphones. Laisser un GSM au soleil, c'est prendre le risque qu'il surchauffe." En effet, les batteries au lithium, inflammables, ne sont pas conçues pour être exposées à une source de chaleur forte et prolongée. En pleine canicule, elles sont susceptibles de prendre feu.

Même chose sur nos lieux de travail : les outils électroniques sont aussi à surveiller en cas de fortes chaleurs : "on parle beaucoup des camps scouts ou de l'agriculture, et à juste titre, mais il ne faut pas sous-estimer les dysfonctionnements de matériel", rappelle Baudouin Vervaeke. "Dans les usines par exemple, les machines peuvent rapidement surchauffer."

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