La Terre vient d’afficher un écart thermique incroyable de 136,8 °C...

La Terre vient d’afficher un écart thermique incroyable de 136,8 °C...

Il y a quelques jours encore, la France enchaînait les records de chaleur. Jusqu'à 42,4 °C à Pissos, dans les Landes, le 12 juillet dernier. Pendant ce temps, le mercure montait à 49,4 °C dans la vallée de la Mort, aux États-Unis. Il atteignait même 52,7 °C à Omidieh, en Iran ce 14 juillet 2026.

HISTORIC 53C DAY- 38C at NIGHT

52.7C Omidieh IRAN All time record and
2026 World Record

MINIMUMS ! 38.3 Delhoran IRAN
33.1 Uchkuduk UZBEKISTAN

Next days WORSE
53/54c Middle East
49/50C former USSR
50/52C CHINA
NIGHTS up to 40C

MOST EXTREME HEAT WAVE IN WORLD HISTORY pic.twitter.com/sTpiY7BQHM

— Extreme Temperatures Around The World (@extremetemps) July 14, 2026

Alors que de l'autre côté du monde, les instruments de la station Concordia, en Antarctique, flirtaient avec l'extrême inverse : -84,1 °C affichés le 18 juillet dernier. Les températures n'étaient pas descendues aussi bas depuis 2012.

Concordia, Antarctica has recorded a low of -84.1C, just 0.5C above it's all time low temperature record.

Reports suggest this is the lowest temperature recorded on earth since 2012, quite a severe cold spell of weather, even by Antarctica standards. pic.twitter.com/6FOroFeo40

— Met4Cast - UK Weather (@Met4CastUK) July 18, 2026

La Terre ne chauffe pas partout pareil

Ce qui marque encore plus, c'est le gradient mesuré en quelques jours : 136,8 °C ! Sur une seule et même planète : la Terre.

Le mois d'août s'annonce anormalement chaud en France. Image générée à l'aide d'un outil IA. © Xavier Demeersman, ChatGPT

La Terre vient d’afficher un écart thermique de 136,8 °C : comment est-ce possible au même moment ?

La baisse des températures que nous connaissons depuis une semaine laisse enfin un peu de répit aux français, et à la nature, après une incroyable succession de trois canicules. Mais de signaux indiquant le retour de fortes chaleurs pour la fin du mois de juillet et le début du mois d’août commencent à émerger. Le point sur les prévisions des prochaines semaines.... Lire la suite

Ce grand écart n'a pourtant rien d'un hasard. Il raconte une chose très simple : la Terre ne reçoit, ne stocke et ne restitue pas la chaleur de la même façon partout. La latitude joue d'abord un rôle majeur. Plus on s'éloigne de l'équateur, plus les rayons du soleil frappent de biais et moins ils réchauffent efficacement.

Pourquoi ce n’est pas comparable ?

Mais d'autres paramètres entrent aussi en jeu. L'altitude, l'humidité, les nuages, la nature du sol, la neige, le vent, la proximité de l'océan et la circulation de l'air modifient la manière dont cette énergie reçue se répartit. Un désert, une plaine, une montagne, une ville ou une station antarctique ne réagissent pas du tout de la même façon à un même apport de chaleur.

Le saviez-vous ?

Le changement climatique relève la référence des températures. Les fortes chaleurs deviennent plus fréquentes et intenses. Les records de froids se font plus rares. Mais ils ne disparaissent pas complètement. Ainsi les -84,1 °C ponctuellement enregistrés à Concordia ne peuvent pas être interprétés comme une preuve que le réchauffement climatique n’est pas une réalité.

Autrement dit, les 52,7 °C d'Omidieh et les -84,1 °C de Concordia ne sont pas comparables en tant que tels. Ils renvoient à des milieux physiques radicalement différents.

Un pic de chaleur extraordinaire a touché le Groenland en 1915.  © Zbigniew Wu, Adobe Stock

Le jour où il a fait 30 °C au Groenland : un record toujours inexpliqué

Le Groenland est connu pour son climat froid, et ses terres majoritairement englacées. Mais il est déjà arrivé que le mercure dépasse, non pas les 15 °C, ni les 20 °C, mais les 30 °C dans le passé ! Comment est-possible ?... Lire la suite

C'est précisément ce qui rend ce chiffre si instructif.

Un chiffre spectaculaire, mais surtout instructif

Ces 136,8 °C montrent que, le même mois, deux logiques opposées peuvent coexister. Dans un cas, une atmosphère et des sols qui accumulent la chaleur sous un soleil écrasant. Dans l'autre, un plateau Antarctique à plus de 3 200 mètres d'altitude, éloigné de la côte et un soleil absent, un air extrêmement sec et une surface glacée qui renvoie la chaleur directement vers l'espace à la faveur d'un ciel sans nuage.

#Communiqué | 5 764 décès en excès en France durant la période de canicule du 17 juin au 2 juillet.@SantePubliqueFr publie les données relatives à l’excès de mortalité toutes causes, observé durant la période de canicule du 17 juin au 2 juillet 2026 exposant la quasi-totalité… pic.twitter.com/fbvhkLaQ1Y

— Ministère de la Santé (@Sante_Gouv) July 22, 2026

Et pour vous, qu’est-ce que ça change ?

L'Antarctique, l'Iran ? C'est bien loin de nous. Certes. Mais la même physique est à l'œuvre dans nos villes et nos logements. Un parking bitumé ou une cour sans ombre et la journée chaude se transforme en fournaise. À l'inverse, la présence d'arbres ou de sols clairs limite l'accumulation de chaleur.

À l'échelle du corps non plus, toutes les régions ne réagissent pas à la chaleur de la même façon. Les extrémités, la peau et les zones bien vascularisées jouent un rôle majeur dans l'évacuation de la chaleur, tandis que le torse et les zones peu ventilées la retiennent davantage. Voilà pourquoi, quand il fait très froid, il est si important de protéger les mains et les pieds.

Le 23 juin 2026, la France a connu des températures dignes du Sahara. Une chaleur hors norme, appelée à devenir plus fréquente avec le réchauffement climatique. © Quality Stock Arts, Adobe Stock

Il a fait plus chaud en France que sur 99,02 % de la planète : comment en est-on arrivé là ?

Ce n’est pas une canicule comme les autres. Ce 23 juin 2026, la France a basculé dans un autre climat. Records pulvérisés, températures dignes du Sahara, chaleur inédite à l’échelle nationale : en une seule journée, le pays a vécu ce que les scientifiques redoutent depuis des décennies. Et ce n’est peut-être qu’un début.... Lire la suite

Derrière un chiffre choc, il y a parfois plus qu'une simple curiosité. Plus qu'une question de chaud ou de froid. Ces 136,8 °C trahissent des lois physiques qui amplifient ou bloquent les transferts de chaleur. Ils rendent visibles les mécanismes qui se cachent derrière les extrêmes thermiques et nous permettent de poser sur notre quotidien, un regard plus éclairé. Le comprendre, c'est déjà mieux anticiper les extrêmes de demain.