La vidéo du jour. « On était 60 contre 1000 » : Maxime, de chauffeur routier à combattant volontaire en Syrie et en Ukraine
- Accueil
-
Défense - Guerre - Conflit
-
« On était 60 contre 1000 » : Maxime, de chauffeur routier à combattant volontaire en …
Il y a dix ans, Maxime Barrat, ancien chauffeur poids-lourd originaire des Vosges, s’est engagé comme volontaire sur le front, hors du cadre officiel de l’armée. Il témoigne de son expérience, d’abord aux côtés des Kurdes pour combattre Daech en Syrie, puis des forces ukrainiennes contre la Russie.
Matis Gardent -
Aujourd’hui à 12:53 | mis à jour aujourd’hui à 13:00
- Temps de lecture :
Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs.
En cliquant sur « J’accepte », les cookies et autres traceurs seront déposés et vous pourrez visualiser les contenus (plus d'informations).
En cliquant sur « J’accepte tous les cookies », vous autorisez des dépôts de cookies et autres traceurs pour le stockage de vos données sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment en consultant notre politique de protection des données.
Gérer mes choix
« Je n’avais jamais tiré avec une arme, je n’avais même jamais eu d’arme entre les mains », se souvient Maxime Barrat, ancien chauffeur poids lourd originaire des Vosges. Le déclic arrive il y a dix ans, en visionnant des images de massacres en Syrie et de l'organisation terroriste Daech, relayées par les médias. « Je me suis dit, "je peux jouer un rôle dans cette histoire" [...] Je combats pour la liberté, pour essayer d'aller aider les gens », affirme-t-il.
Si en France, s'engager dans un conflit armé à l'étranger hors du cadre officiel est officiellement interdit et passible de poursuites judiciaires, la France « tolère » son engagement, selon ses propos. Sans formation militaire préalable, il rejoint d’abord le front en Irak et s'entraîne avec un AK-47 désarmé « sans percuteur », avant qu'un fusil-mitrailleur ne lui soit confié. Sur place, il occupe un rôle de soldat d'infanterie.
Quand on lui demande son choix de se battre pour un pays qui n’est pas le sien, situé à des milliers de kilomètres de là où il vit, une image revient régulièrement dans son récit. Après avoir quitté un village, faute de troupes suffisantes pour l'occuper, son unité y retourne quelques jours plus tard et découvre les corps décapités des habitants dans la rue principale. « On voit une petite fille qui a une dizaine d'années prendre dans ses bras sa petite sœur de neuf ans, décapitée », décrit-il. Avant d'ajouter : « Comment ça peut passer dans la tête de quelqu’un de décapiter un enfant ? Ces gens-là, on doit les combattre absolument. »
« On nous demande de produire de l’ultra-violence »
Le retour en France, lui, se révèle tout aussi brutal. « C'est la misère, une catastrophe. Ce qu'on nous demande, c'est d'être dans l'ultra-violence, de pouvoir produire de l'ultra-violence et de résister à ça aussi. Et après, on revient dans un monde où il faut se recaler sur le mode “civil" ». Quelques années plus tard, il repart cette fois pour l'Ukraine, après l'invasion russe de 2022, à la suite d'amis rencontrés en Syrie et pris au piège à Marioupol. Intégré au 131e bataillon de reconnaissance séparée, il apprend à manier un missile Javelin en autodidacte, via des tutoriels sur YouTube et un manuel militaire américain trouvé en ligne.
Maxime Barrat, ancien chauffeur poids lourd originaire des Vosges. Capture d'écran
Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs.
En cliquant sur « J’accepte », les cookies et autres traceurs seront déposés et vous pourrez visualiser les contenus (plus d'informations).
En cliquant sur « J’accepte tous les cookies », vous autorisez des dépôts de cookies et autres traceurs pour le stockage de vos données sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment en consultant notre politique de protection des données.
Gérer mes choix
Son pire souvenir de cette guerre survient au nord de Kharkiv, lors d'une percée de l'armée russe. « On était 60 contre 1000 et à la fin, on est ressortis, on n'était que 24 », se remémore-t-il. Il évacue alors un compagnon d'armes français blessé dans un champ survolé par des drones. « Il a demandé plusieurs fois à ce qu'on lui laisse son arme pour qu'il se suicide. Il m'a même demandé à ce que je le tue. » Une période de laquelle il gardera des traumatismes profonds, notamment une intolérance au silence héritée du bruit constant de la guerre : « Il faut toujours que j’ai de la musique ou n’importe… le silence, je ne peux plus ».