Le budget de la « Sécu » largement rejeté par les députés
Ce vendredi, l’Assemblée nationale a rejeté à la quasi-unanimité le projet de budget de la Sécurité sociale du gouvernement pour 2027 en première lecture, en repoussant par 115 voix contre 1 sa partie « recettes », largement amputée de ses mesures phares.
Un vote qui revient à rejeter le texte dans son intégralité, sans examiner la partie « dépenses ». La gauche, l’alliance RN-UDR et l’essentiel des LR ont voté contre, le reste du camp gouvernemental s’abstenant majoritairement, et un député MoDem votant pour.
Les propositions du gouvernement largement rejetées
C’est la conclusion d’une semaine à sens unique, les parlementaires supprimant la majorité des articles du gouvernement, d’une taxe sur les produits sucrés à la reconduction d’une contribution des mutuelles, parfois avec des voix venues de son propre camp.
Les oppositions ont aussi réussi à faire passer certaines mesures. Comme l’écologiste Sandrine Rousseau, qui a fait voter un dispositif permettant aux salariés ayant cotisé pendant 42 ans de cesser de travailler à 62 ans, en réponse à la réforme Borne. Ou le Rassemblement national, qui a fait supprimer la contribution sociale de solidarité des sociétés (dite « C3S »), impôt de production dans le viseur du groupe de Marine Le Pen.
Des votes effacés par le rejet du texte, mais les différentes décisions des députés auraient conduit virtuellement à un déficit de la Sécurité sociale à « 24 milliards d’euros », selon David Amiel (Renaissance), ministre du Budget. Très loin des « 12,7 milliards » escomptés par le gouvernement. « On ne peut pas avoir d’un côté des taux d’intérêt qui flambent et ici, s’enfermer dans une quatrième dimension », a lancé le ministre dans l’hémicycle, visant particulièrement les votes du Rassemblement national.
Le gouvernement condamné au 49.3 ?
« La quatrième dimension, c’est quand même 10 ans de macronisme », a rétorqué la députée Joëlle Mélin (RN), Christophe Bentz (RN) pointant la faible mobilisation au centre, « vos soldats, ils ont déserté ». « Ce texte n’apporte aucune recette à la hauteur des besoins » ou les fait peser sur « les malades, les retraités, les plus pauvres », a critiqué Sandrine Runel (PS).
Le rapporteur général, Thibault Bazin (LR), a appelé à « trouver un chemin », après l’examen du texte au Sénat, où il est attendu le 9 novembre dans l’hémicycle.
L’an passé, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, avait réussi à faire adopter le budget de la Sécurité sociale, au prix d’un accord avec le PS comprenant la suspension de la réforme des retraites. Cette année, aucun compromis ne semble se dégager, et le gouvernement paraît condamné à passer par l’article 49 alinéa 3, au risque d’une censure. Ou à utiliser une ordonnance budgétaire inédite, pour faire passer le budget sans aucun vote.