Le cannibalisme préhistorique était-il plus qu'un simple acte de survie ?

Le cannibalisme préhistorique était-il plus qu'un simple acte de survie ?

Publié le 13 septembre 2026 à 12:10 par Jérôme G.

Des grottes espagnoles, étudiées il y a plus de 50 ans, livrent de nouveaux secrets sur le cannibalisme. Loin d'être une pratique unique, il s'agissait d'épisodes complexes aux motivations variées, allant de la violence pure au rituel sophistiqué.

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Plus de cinquante ans après leur découverte, les grottes de Malalmuerzo, Carigüela et Majolicas en Espagne sont de nouveau sous les feux des projecteurs. Une équipe de recherche internationale a réanalysé près d'un millier d'ossements humains.

Publiée dans Journal of Archaeological Science, l'étude utilise la datation au radiocarbone et de nouvelles analyses taphonomiques pour offrir une vision inédite du cannibalisme au Néolithique.

Comment distinguer les différents types de cannibalisme ?

Les chercheurs ont scruté chaque os au microscope pour identifier des marques de découpe, des fractures, des coups et des traces de dents, distinguant les dommages post-mortem des manipulations sur os frais.

Les résultats révèlent que, malgré des similitudes, chaque site raconte une histoire unique : Malalmuerzo témoigne d'une violence, Carigüela de la récurrence des pratiques, et Majolicas de rituels.

" Notre travail montre qu'il n'est pas possible de parler d'une seule forme de cannibalisme néolithique, car des preuves archéologiques similaires peuvent cacher des réalités sociales très différentes ", explique Antonio Rodríguez-Hidalgo de l'Institute of Archaeology of Mérida.

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Quels événements spécifiques ont été identifiés ?

La grotte de Malalmuerzo livre l'un des résultats les plus frappants : un possible épisode de violence collective survenu vers 5000 av. J.-C. Les analyses indiquent la présence de restes de tous les groupes d'âge, suggérant un massacre où un groupe entier aurait été tué puis consommé.

À Carigüela, les datations pointent vers plusieurs épisodes distincts, avec notamment la découverte de deux crânes modifiés pour servir de coupes crâniennes.

Le site de Majolicas, daté d'environ 3800 av. J.-C., présente des os colorés en rouge avec du cinabre, un minéral rare associé à des pratiques rituelles et funéraires.

Dans un contexte européen plus large

Les preuves recueillies suggèrent que le cannibalisme n'était pas un phénomène continu durant le Néolithique européen, mais plutôt concentré sur certaines périodes et régions.

Journaliste GNT spécialisé en nouvelles technologies

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