Le cinéma suisse récolte près de 20 millions grâce à la Lex Netflix

Le cinéma suisse récolte près de 20 millions grâce à la Lex Netflix

Les investissements des plateformes de streaming et diffuseurs étrangers ont augmenté de 25% l'an dernier dans le cinéma suisse, suite à l'application de la 'Lex Netflix', annonce jeudi l'Office fédéral de la culture. Les entreprises concernées ont investi 19,9 millions de francs, soit deux tiers de l'objectif légal.

"Les plateformes et diffuseurs jouent le jeu", estime Carine Bachmann, directrice de l'Office fédéral de la culture (OFC). "L’obligation d’investissement permet ainsi de développer un quatrième pilier de financement de l’audiovisuel à côté de la Confédération, la SSR/SRG et les fonds régionaux", poursuit-elle.

Cette progression intervient dans le cadre de l'obligation d'investissement instaurée par la loi sur le cinéma, dite 'Lex Netflix', entrée en vigueur en 2024, rappelle l'OFC jeudi. Les entreprises concernées doivent consacrer au moins 4% de leur revenu brut annuel réalisé en Suisse à la création cinématographique nationale.

>> Relire : Oui à la "Lex Netflix", les plateformes de streaming devront investir en Suisse

22 entreprises concernées

Au total, 22 entreprises étaient soumises à cette obligation en 2025. Elles représentent des profils très variés, allant des grandes plateformes internationales de streaming aux opérateurs de télécommunications, en passant par des groupes technologiques proposant des films à titre accessoire, des chaînes étrangères disposant de fenêtres publicitaires en Suisse et des diffuseurs privés nationaux.

Elles ont réalisé un revenu déterminant de 817 millions de francs en 2025, en hausse de 9% sur un an. "Le marché du streaming continue de croître. En revanche, le chiffre d'affaires des fenêtres publicitaires est en légère baisse", précise l'OFC. Cette activité correspond à une obligation d'investissement de 32,7 millions de francs, tandis que les montants effectivement investis ont atteint 19,9 millions de francs.

Les projets romands choyés

Sur cette somme, 12 millions de francs ont été consacrés à la production et à l'acquisition d'œuvres suisses. Les séries ont reçu 7,4 millions de francs, tandis que les longs-métrages de cinéma ont bénéficié de 4,6 millions de francs, principalement pour des œuvres de fiction.

Les projets de Suisse romande ont reçu 6,3 millions de francs, contre 5,7 millions pour ceux de Suisse alémanique. En parallèle, 7,9 millions de francs ont financé d'autres mesures reconnues par la loi, notamment la promotion des films, le soutien aux festivals de cinéma et le versement de droits d'auteur aux sociétés de gestion collective.

La série Winter Palace est la première coproduction entre la RTS et Netflix [© KEYSTONE / JEAN-CHRISTOPHE BOTT - JEAN-CHRISTOPHE BOTT]
La série Winter Palace est la première coproduction entre la RTS et Netflix [© KEYSTONE / JEAN-CHRISTOPHE BOTT - JEAN-CHRISTOPHE BOTT]

Délais ou taxe de remplacement

Les entreprises ont la possibilité de reporter leurs investissements jusqu’à fin 2027. "Si cette tendance à la hausse des investissements se confirme, l'objectif d'investissement devrait être rempli d'ici là", souligne l'OFC.

Les montants qui ne seraient pas investis à l'échéance devront être versés à l'OFC sous la forme d'une taxe de remplacement. Selon l'office, ces ressources pourront notamment financer des projets qui ne peuvent pas être soutenus actuellement par l’OFC, ou que partiellement. Ils permettront par exemple de financer de grandes séries suisses ou des mesures destinées à soutenir la relève du cinéma suisse.

lia avec ats