Le grand retour d'Ester Manas à la Fashion Week de Paris

Le grand retour d'Ester Manas à la Fashion Week de Paris

Dans la mode, rares sont les marques à évoquer la parentalité avec autant de justesse qu’Ester Manas. La présentation de la collection printemps-été 2027, baptisée Somehow I Manage, signait le grand retour de la maison fondée par le duo Ester Manas et Balthazar Delepierre, après une pause “défilé” liée à la naissance de leur premier enfant. “On est devenus parents, et on a fait une pause, qui était aussi une pause très commerciale : on a vendu des vêtements à de vraies personnes. On connaissait nos clientes, on les comprenait, on avançait avec elles. Cette expérience nous a beaucoup guidés et nous a surtout fait prendre conscience qu’il fallait imaginer un vestiaire plus large, plus complet.”

Somehow I Manage

Pour imaginer ce nouveau vestiaire, Ester Manas s’est inspirée de ses propres tenues, celles qu’elle porte, en jeune maman, lorsqu’elle va faire ses courses sans nécessairement se soucier de son apparence. “Après l’accouchement, le quotidien n’a pas été de tout repos. Le vestiaire de cette saison est inspiré de cette période. Je sortais avec une chemise pas repassée, un soutien-gorge qui n’était pas à sa place, une bretelle tombante… Et finalement, ça fonctionne. Nous avons créé une marque qui s'appuie plus que tout sur la réalité, celle qui est la mienne et nous nous sommes rendus compte que, finalement, c'est la réalité de beaucoup de monde.”

Ester Manas printempst 2027

Ester Manas printemps-été 2027

Ester Manas printempst 2027

Ester Manas printemps-été 2027

Le statement originel de la marque, “One Size Fits All”, imaginé par le tandem pour concevoir des vêtements capables de s’adapter et de sublimer toutes les morphologies, des poitrines opulentes aux poignées d’amour, en passant par les ventres ronds, reste au cœur de l’ADN de la maison. Mais cette saison, le concept se déplace : il ne s’agit plus seulement de penser le vêtement à l’aune du corps, mais de l’inscrire dans la réalité de celles et ceux qui le portent. “Avant, on avait vraiment une vraie volonté d’être vus, d’être entendus, d’être écoutés parce qu’on était assez seuls à faire ce qu’on faisait. Aujourd’hui, on fait simplement des vêtements, on n’a plus envie de crier.”

Sur le podium, cette nouvelle approche se traduit par un vestiaire plus quotidien. Aux côtés des robes aux systèmes de réglage caractéristiques de la maison apparaissent un manteau aux volumes arrondis, un bomber kaki mêlant cuir et velours, des veste techniques en taffetas, ou une chemise à carreaux d’inspiration bûcheron. Bref, des pièces pensées pour la vie de tous les jours, loin des vêtements sexy et audacieux qui ont longtemps fait la signature du duo, mais toujours imaginées pour s’adapter à toutes les morphologies.

Ester Manas printempst 2027

Ester Manas printemps-été 2027

Ester Manas printempst 2027

Ester Manas printemps-été 2027

Au rythme du tube évocateur I’m Every Woman de Whitney Houston, les silhouettes défilent sur le podium. Et si le duo sort ici de sa zone de confort, les inflexions empruntées à l’univers de la lingerie restent bien présentes. Ester Manas a collaboré avec PrimaDonna, marque de lingerie historique en Belgique, fondée en 1865. Une maison qui correspond particulièrement bien au propos inclusif du label, puisqu’elle propose plus de 90 tailles de bonnets de soutiens-gorge. Le duo s’est appuyé sur son savoir-faire pour concevoir des soutiens-gorge et des bodys, avec un travail de développement mené par les modélistes et couturières sur pas moins de 40 pièces. La lingerie ne se dissimule plus, elle se révèle avec fierté.

Pour ce grand retour, Ester Manas mise sur le “lâcher-prise” et une bonne dose de “dérision”. Et, en ce début de Fashion Week parisienne, il faut bien avouer que cela fait du bien.