Le jeu du troisième homme, mais quel concept tactique les Zèbres ont-ils utilisé pour inscrire deux buts géniaux ? "Plus efficace qu'un dribble"

Le jeu du troisième homme, mais quel concept tactique les Zèbres ont-ils utilisé pour inscrire deux buts géniaux ? "Plus efficace qu'un dribble"

Les superlatifs se sont hissés à la hauteur de la beauté des deux incroyables réalisations inscrites par les Zèbres face à l'Union Saint-Gilloise.

"Oh que c'est beau", a répété plusieurs fois en direct Benjamin Deceuninck au micro de DAZN alors que la chaîne s'est demandé si c'était le Sporting Charleroi ou le FC Barcelone au moment de mettre le ralenti du goal de Freddy Mbemba sur ses réseaux sociaux.

"C'est l'une de nos forces. On joue bien ensemble, sourit Patrick Pflücke. Si on présente ce visage face à l'Union, on peut battre toutes les équipes de la compétition."

Un concept prisé par les plus grands

À écouter l'Allemand, on penserait presque que marquer des buts au terme d'une telle séquence s'apparente à un jeu d'enfant. En réalité, des heures de travail se cachent derrière ces mouvements et ces circuits de passes.

"Ça ne tombe pas du ciel, confirme Alex Teklak, aux commentaires de la rencontre ce samedi aux côtés de Deceuninck. C'est le principe tactique du jeu du troisième homme. Elle résulte d'une routine d'entraînement travaillée au quotidien."

Prôné par les plus grands, de Pep Guardiola à Manchester City à Mikel Arteta du côté d'Arsenal en passant par le Brighton de Roberto De Zerbi, ce concept consiste à percer les lignes adverses en s'appuyant sur un pivot qui décale vers des joueurs mobiles.

"C'est ce que le coach demande, confirme Antoine Colassin. Une fois la balle récupérée, il faut aller vite vers l'avant."

"Et jouer de manière verticale pour chercher haut ton 9 qui va remiser sur un coéquipier en mouvement face au jeu ou dans des espaces. Ensuite, le troisième homme est libre de frapper ou de rejouer pour un quatrième coéquipier qui arrive lancé ", abonde Teklak.

Sur le 1-1, Aiham Ousou a cherché dans l'axe Aurélien Scheidler qui a ensuite trouvé Kévin Van Den Kerkhof sur le côté droit. Le latéral droit a décidé de remiser en retrait sur Mbemba plutôt que de tenter lui-même sa chance.

"Une fois que le bloc est ouvert, c'est imparable quand tout est bien exécuté parce que l'adversaire court toujours après le retard accumulé au départ de l'action. Guardiola affirme d'ailleurs que le jeu du troisième homme est plus efficace qu'un dribble", poursuit notre consultant.

Une fois que le bloc est ouvert, c'est imparable quand tout est bien exécuté.

"Nous savons dans quels espaces il faut attaquer et ensuite, mes joueurs prennent les bonnes décisions au bon moment", sourit Kohnen.

Comme l'a illustré parfaitement l'action du 2-1. La passe de Nzita vers Romsaas a permis aux Zèbres de gagner 30 mètres. Ensuite, le une-deux entre le Norvégien et Scheidler a créé la différence et l'altruisme du milieu offensif a permis à Pflücke de juste pousser le ballon pour donner l'avantage aux siens.

"Je l'ai dit dans ma chronique de ce dimanche. J'ai rarement vu ça en Belgique, s'extasie Teklak. Parce que dans l'approche philosophique, tu es obligé d'avoir des hommes qui ne doivent pas être attirés par le ballon et qui disposent d'une capacité intellectuelle pour lire le jeu."

A la base du 2-1, Nzita va éliminer le triangle unioniste érigé devant lui par une passe verticale vers Romsaas en mouvement.
A la base du 2-1, Nzita va éliminer le triangle unioniste érigé devant lui par une passe verticale vers Romsaas en mouvement. ©Wyscout
Après une talonnade vers Scheidler, le Norvégien continue sa course et le Français remise directement vers lui. Sylla et la défense adverse sont dépassés.
Après une talonnade vers Scheidler, le Norvégien continue sa course et le Français remise directement vers lui. Sylla et la défense adverse sont dépassés. ©Wyscout
Plutôt que de tirer, Romsaas remise en retrait pour Pflücke qui n'a plus qu'à conclure.
Plutôt que de tirer, Romsaas remise en retrait pour Pflücke qui n'a plus qu'à conclure. ©Wyscout

Un casse-tête face aux blocs bas

Telle une partie d'échecs, le positionnement tactique de l'adversaire incarne également un facteur X que l'équipe au trait ne maîtrise pas toujours.

"La condition, c'est aussi que le club en face ouvre le jeu. L'Union l'a compris à la pause et Charleroi n'a plus réussi à l'appliquer. Et face à des blocs bas et serrés, c'est peu évident de l'utiliser."

Pour contrer cet obstacle, les Hennuyers s'appliquent à répéter ses gammes chaque jour à Marcinelle. "On travaille beaucoup les centres en une touche", confie Pflücke.

"Les exercices de transition aussi", ajoute Colassin. Quand on le transpose parfaitement, on sent l'énergie du public. Il est à fond derrière nous."

S'ils parviennent à réitérer un football aussi total, c'est peut-être davantage que le Mambourg qui se lèvera pour célébrer des buts ainsi.

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