Le ministre Van Peteghem jette un pavé dans la mare des flexi-jobs et divise la majorité Arizona
Il est de ces compliments que l'on préfère ne pas recevoir. Celui adressé par le syndicat socialiste FGTB au ministre fédéral du Budget, Vincent Van Peteghem (CD & V), est sans doute de ceux-là. Lundi, dans De Standaard, ce dernier s'est montré critique à l'égard du système des flexi-jobs. "Sa" majorité Arizona (N-VA, MR, Engagés, Vooruit, CD & V) vient pourtant de voter l'extension du mécanisme à l'ensemble des secteurs de l'économie.
"Nous avons autorisé de nombreuses formes de flexibilité sur notre marché du travail, à des conditions fiscales avantageuses. Mais nous constatons aujourd'hui que tous ces systèmes fragilisent [le financement de] notre Sécurité sociale et notre État-providence", déplore à présent M. Van Peteghem, citant le cas des flexi-jobs. Ce système permet à un travailleur occupé au moins à 4/5e temps ou à un pensionné de prendre un travail complémentaire sur lequel il ne paiera ni impôts ni cotisations sociales. Seul l'employeur devra verser des cotisations patronales de 28 % sur le salaire du flexi-job.
guillementIl n'a jamais été question de faire des flexi-jobs la main-d'œuvre la moins chère. Le système est en train de déraper.
"Dans de nombreux secteurs, il est vrai qu'il y a un besoin de plus de flexibilité. Mais nous devons recentrer ces systèmes sur leur objectif initial." Aujourd'hui, poursuit le ministre, "il devient plus avantageux fiscalement de combiner un emploi à temps partiel (4/5e) avec un emploi flexible que de travailler à temps plein. Cela permet à une personne de conserver un revenu net supérieur à celui d'une autre, même si elles occupent le même poste. Il n'a jamais été question de faire des flexi-jobs la main-d'œuvre la moins chère, et ainsi de mettre sous pression l'ensemble du marché du travail. […] Le système est en train de déraper. De cette manière, notre État-providence ne restera pas soutenable."
Les bourgmestres et échevins sont désormais privés d'accès aux flexi-jobsLa schizophrénie de l'Arizona
"Nous saluons cette évolution, mais il est regrettable qu'elle intervienne après l'extension [du mécanisme]", a réagi lundi le président de la FGTB, Bert Engelaar, qui voit dans cette sortie "un parfait exemple de schizophrénie de l'Arizona". Selon M. Engelaar, grand pourfendeur de la politique d'emploi du gouvernement fédéral, les flexi-jobs représentent un manque à gagner de 132 millions d'euros en cotisations sociales et de 253 millions d'euros en impôts.
"Je ne vois pas de raison de réexaminer maintenant les flexi-jobs", a au contraire réagi le député Axel Ronse, chef de file de la N-VA à la Chambre. Il pointe que 83 % des flexi-jobistes sont occupés par des travailleurs à temps plein qui prêtent main-forte à une autre entreprise quand celle-ci a besoin de main-d'œuvre pour faire face à un pic d'activité. "Les flexi-jobs aident à créer des emplois en permettant aux entreprises de créer des équipes flexibles", a-t-il dit sur la VRT.
Flexi-jobs: la Chambre valide l'extension à tous les secteursL'Horeca et le commerce
"Treize jours seulement après l'entrée en vigueur de la réforme, il est étonnant que Vincent Van Peteghem conclue déjà que le système dérape", a taclé le ministre fédéral de l'Emploi, David Clarinval (MR), pourtant son collègue de gouvernement. "Les statistiques montrent que les flexi-jobs restent, dans la grande majorité des cas, une activité d'appoint, soutient-il. En 2025, le revenu annuel moyen s'élevait à 3 644,60 euros (2 978,90 euros pour les moins de 65 ans), tandis que le revenu médian était de 1 896,30 euros (1 593,90 euros pour les moins de 65 ans). Ces chiffres démontrent qu'il s'agit avant tout d'un complément de revenus, et non d'un remplacement d'un emploi classique."
Les chiffres 2025 de l'ONSS (Office national de la Sécurité sociale) montrent que les flexi-jobs sont en augmentation constante depuis la pandémie de Covid en 2020. L'Horeca (hôtels, restaurants, cafés), le travail intérimaire et le commerce sont les trois secteurs – et de loin – qui y ont le plus recours.
Ces pensionnés toujours plus nombreux à travailler en flexi-job : Michel, 82 ans, préfère conduire un bus plutôt que de "rester dans son fauteuil"Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.