Montreux Nestlé Open: Entre tennis et paysages, un tournoi à part
Publié11. septembre 2026, 19:20
TennisLe «petit Monte-Carlo» qui se joue dans le canton de Vaud
Le tournoi WTA 125 de Montreux se dispute dans un cadre extraordinaire, sur la terre battue de Territet. Pour le plus grand bonheur des joueuses et des spectateurs.


À croire que ces organisateurs ne savent pas mettre en place une compétition dans des endroits moches… Il y a d'abord le très select Bonmont Masters, une épreuve sur gazon et invitation, qui se dispute à Chéserex (VD), sur la pelouse du Golf & Country Club. Et puis il y a aussi celui de Montreux cette semaine, dans un décor tout aussi fou.
«Y a quoi là?», se demande un cycliste en goguette. «C'est classe!», se réjouit dans la foulée un touriste avec ses enfants sur les épaules. «Ça, c'est du château...», a de son côté apprécié une joueuse de double française, qui a profité d'un jour de congé pour faire dans le culturel à Chillon. Ce vendredi midi, le bruit des balles n'avait pas encore commencé à aiguiller le monsieur qui se demande ce que c'est que tout ça. La faute à un forfait avant le 8e de finale entre la Croate Lucija Ćirić Bagarić et la Tchèque Lucie Havlíčková. Il a fallu attendre midi et demie pour que ça commence vraiment. Alors, malgré l'entrée libre dans les tribunes vaudoises, l'excursionniste a passé son chemin. Il faut dire qu'il y en a des choses à voir dans le coin!

En longeant le Léman depuis le château de Chillon en direction de Montreux, là où sans doute un Romand sur deux au moins est un jour venu en course d'école, les bâches du Montreux Nestlé Open 2026 détonnent. On est bien loin de la fureur de l'US Open, qui se termine ce week-end à New York. Ici, pas d'atterrissage d'avion toutes les trois minutes. Ce sont plutôt les CFF qui viennent déranger les joueuses de temps en temps. À Territet, pas d'odeur de cannabis dans les travées. Ça sent plutôt les embruns. Deux tournois en même temps, deux ambiances aux antipodes.
«Le cadre est vraiment magnifique, a souri Fiona Ferro (WTA 144, tête de série No 4), la Franco-Belge, en sortant de son 8e de finale victorieux. J'en avais entendu beaucoup de bien de la part des autres joueuses. Je n'avais jamais pu venir jusqu'ici et je dois dire qu'il y a peu de tournois qui se disputent dans un cadre comme ici. J'espère que je vais pouvoir faire durer le plaisir! J'adore jouer en Suisse, c'est généralement des épreuves que j'aime bien et où je joue bien.» Il y a sept ans, presque dans une autre vie, elle avait gagné l'ITF de Lausanne. Dans un cadre presque aussi idyllique.

«Lorsque nous organisions le tournoi dans ce club, nous avons tout de suite compris qu’il y avait quelque chose, a embrayé Yannick Fattebert, codirecteur du tournoi montreuxien, comme à Chéserex. C’était bien, c’était agréable. Lorsque l’opportunité de mettre en place une épreuve WTA à Montreux (ndlr, le seul de Suisse à ce niveau) s’est présentée, nous savions que le lieu dégagerait quelque chose de particulier, pour les spectateurs, les joueuses et les partenaires.» De quoi mériter le surnom de «petit Monte-Carlo».
«Le cadre joue un rôle important. Nous cherchons toujours à mettre le site en valeur et à l’améliorer, a terminé l'ancien coach de Stanislas Wawrinka. Nous devons être à la hauteur de ce que le lieu nous offre. C’est ce que nous essayons de faire! Que tout soit le plus esthétique et cohérent possible et que les gens se disent «waouh» en arrivant.» Et c'est un défi logistique aussi, entre la montagne, la route, la voie CFF et le Léman. «C’est vrai... Cette année, nous avions deux semaines pour tout installer. Les équipes ont beaucoup travaillé, longtemps et tard. Mais chacun fait les efforts nécessaires et, à la fin, tout le monde est fier de ce qu’il a accompli.»


Robin Carrel (rca) est journaliste spécialisé en sport à 20 Minutes depuis 2011. Ses sports de prédilection sont le football et le cyclisme, mais il privilégie surtout le terrain de la découverte.
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