"Le plus gros problème, c'est le manque de place" : dans cette ressourcerie ariégeoise, 125 tonnes d'objets sont triées, jetées ou revendues chaque année

"Le plus gros problème, c'est le manque de place" : dans cette ressourcerie ariégeoise, 125 tonnes d'objets sont triées, jetées ou revendues chaque année

l'essentiel La ressourcerie de Foix donne une seconde vie aux objets apportés par les habitants du département. Elle récupère, en moyenne, une tonne et demie de dons par semaine. Une prouesse réalisée avec l'aide d'une quarantaine de salariés et bénévoles confondus.

Au milieu de centaines de vêtements empilés dans des dizaines de boîtes, des mains habiles s'affairent méticuleusement sur le tissu. L'œil aiguisé, Laetitia Moreau inspecte chaque pièce au peigne fin, comme un enquêteur cherchant des indices.

Au sein de la ressourcerie de Foix, créée en 2015 par l'association 'De la ressource à la clef', où elle est assignée au textile, elle effectue, ce jeudi 20 août, le créneau le plus chargé de la semaine. "Nous devons libérer un maximum de place dans la zone du dépôt afin que tout soit prêt pour la journée du lendemain où nous recevrons encore des objets", explique cette Ariégeoise, bénévole depuis huit ans, en récupérant un cintre au-dessus de sa tête.

"Nous ne faisons pas du recyclage, mais du réemploi"

Alors, elle traque la moindre imperfection pour sceller le sort de tissus qui lui passent entre les mains. Ainsi, les vêtements sont soit gardés, soit jetés. "Si ce n'est que la fermeture éclair qui ne fonctionne pas, nous ne pouvons pas nous permettre de dépenser 15 euros pour la réparer", se désole Laetitia. "Par contre, si ce n'est qu'un petit accroc de couture, avec les notions que j'ai, je l'arrange moi-même, mais seulement si c'est une belle pièce."

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L'opération se répète pour l'ensemble des articles traités - jouets, vaisselle, mobilier - grâce à près d'une quarantaine de salariés et de bénévoles. Seuls certains biens, comme l'électronique ou les montres, passent en expertise pour être soit réparés et vendus, soit eux aussi, jetés. "Nous ne faisons pas du recyclage, mais du réemploi. Les objets doivent être nickel", insiste Laetitia. "Nous gardons la crème", ajoute Antoine Bordallo, animateur du réseau départemental des ressourceries de l'Ariège.

"Il y a un gros travail de sélection"

Une fois jugés en bon état et prêts à être vendus, ils sont répartis entre la boutique du dépôt, au 1 bis de la Résistance, et celle installée au 24 rue de Labistour, en centre-ville. "Tout ce qui correspond à une clientèle de proximité part dans cette dernière. Il y a un gros travail de sélection", affirment la bénévole et l'animateur. Puis la mise en rayon arrive et un autre tri commence.

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Avant de faire rentrer un produit sur les étagères, un autre doit en sortir. "Nous sommes obligés de faire régulièrement des changements. Avec les vêtements, nous réalisons deux switchs dans l'année, pour correspondre à la saisonnalité." Ces rotations sont nécessaires et dues à un manque cruel de place au sein du bâtiment. Aujourd'hui, les 700 m², divisés en un rez-de-chaussée et en un étage, sont occupés par le stockage, la zone de déchargement, la boutique et la friperie.

Quatre tonnes récupérées en une semaine, un record

Ces espaces ne cessent de se remplir sous l'afflux des dons, déposés directement sur place les mercredis, vendredis et samedis, ou apportés dans le caisson de réemploi à la déchetterie. "Par semaine, nous récupérons une tonne et demie. La semaine dernière, nous en avons eu quatre tonnes. C'est énorme, mais heureusement que cela reste exceptionnel."

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Cette quantité s'explique par ces grandes vacances, pendant lesquelles nombreuses sont les familles réalisant un ménage de printemps, ou un grand rangement pour partir sur une nouvelle année scolaire sur le bon pied. Et les répercussions se font ressentir. "Toutes les ressourceries, quelles que soient leurs tailles, sont confrontées à ce problème, nous n'avons pas assez de place", assure Antoine Bordallo. "C'est aussi à cause de la société de surconsommation. Pendant un temps, nous avons eu des choses de très mauvaise qualité, mais cela tend à changer."

À ce rythme, la ressourcerie revalorise près de 125 tonnes par an. Un chiffre révélateur d'une réelle prise de conscience et d'une volonté partagée, par les habitants comme par l'équipe, de donner une seconde vie aux objets usagés.