"Le poisson est comme nous, amorphe"… L’eau trop chaude en Méditerranée pénalise les pêcheurs et favorise les espèces invasives

"Le poisson est comme nous, amorphe"… L’eau trop chaude en Méditerranée pénalise les pêcheurs et favorise les espèces invasives

La mer Méditerranée reste anormalement chaude dans cette longue période de canicule. Avec des impacts sur l’activité de certains professionnels de la pêche.

Les jours de canicules continuent de réchauffer la Méditerranée qui affiche 27° ce lundi 20 juillet dans l’Hérault, une température anormalement haute qui a des conséquences sur la biodiversité marine et l’activité de pêche. "Le poisson ne bouge pas beaucoup et les petits métiers nous remontent cette difficulté. Dans les étangs c’est très impactant, heureusement il y a un peu de vent marin", indique Emmanuel Bassinet, secrétaire général du CRPEM, le comité régional des pêches Occitanie. Mais les risques d’anoxie et de malaïgue, liés au manque d’oxygène menacent les coquillages. En mer, les conséquences sont également là.

"L’eau est montée à 29,9° à Palavas ! Là, on est à 27°, et pour les pêcheurs qui travaillent au filet maillant, c’est impactant", réagit Baptiste Canville, premier prud’homme à Palavas, pêcheur au petit métier. "Nous avons besoin d’un poisson en mouvement, là, avec des météos chaudes, le poisson n’est pas actif, il est comme nous, amorphe, il ne bouge pas et ne s’emmaille pas. On a besoin d’un changement de temps, d’un peu de tramontane ou un coup de mer."

L’arrivée des méduses

La hausse de température conduit aussi à l’apparition de méduses, des violettes plutôt costaudes ayant été aperçues en nombre, signale Baptiste Canville. Mais aussi, à terme, de nouvelles espèces. "Ce changement de climat aura des impacts sur la biodiversité et les techniques de pêche. Il y a déjà l’apparition de nouvelles espèces, certaines sont des opportunités, d’autres des menaces", détaille Emmanuel Bassinet. Dans cette dernière catégorie, les poissons lapins et autres poissons lions, qui font de gros dégâts, inquiètent déjà. A contrario, "il se pêche de plus en plus de barracudas, c’est nouveau", poursuit le spécialiste du comité des pêches.