Le président du Kurdistan irakien en visite en Syrie pour relancer l'intégration des Kurdes
Le président du Kurdistan irakien, Nechirvan Barzani, est arrivé à Damas, lundi 3 août, pour sa première visite en Syrie depuis la chute de Bachar el-Assad fin 2024. Alors qu'il fait parti des principaux parrains de l'accord négocié entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et les nouvelles autorités syriennes le 29 janvier dernier, ce dernier s'est entretenu avec le président Ahmed al-Charaa. Sa visite a pour but de favoriser l'intégration des Kurdes au sein des nouvelles institutions du pays.
Publié le : 04/08/2026 - 12:45
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Signé le 29 janvier après des affrontements entre les forces gouvernementales et les Forces démocratiques syriennes (FDS), l'accord prévoyait l'intégration des forces à majorité kurde dans les nouvelles institutions nationales. Mais, six mois plus tard, cette intégration reste très partielle. Selon une source officielle syrienne à l'AFP, le déplacement de Nechirvan Barzani vise précisément à faire le point sur l'application de cet accord et sur « les mesures d'intégration des FDS au sein du gouvernement ».
Si quelques postes ont été proposés à des gradés kurdes, le processus reste limité. En cause, selon Kerim Kamar, représentant en France de l'Administration autonome du Nord et de l'Est de la Syrie (Aanes) : une divergence d'interprétation entre les deux parties. « Pour le gouvernement syrien, l'intégration concernait le fait que les membres des FDS viennent individuellement intégrer l'armée syrienne », explique-t-il. « Or, pour les forces kurdes, l'intégration signifiait rejoindre le ministère de la Défense tout en conservant leur propre division, et donc entrer dans l'armée en tant que telle », poursuit ce dernier.
Après la chute de Bachar el-Assad, les nouvelles autorités ont cherché à réunifier le pays. Sous la pression militaire de Damas, les forces kurdes ont dû se retirer de larges pans du nord de la Syrie, abandonnant notamment l'aéroport de Qamichli et les champs pétroliers, principale source de financement de l'administration autonome.
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Un retour des déplacés, mais une insécurité persistante
L'avancée des forces gouvernementales a permis de rétablir une relative unité dans le nord-est de la Syrie. De nombreux Kurdes déplacés depuis plusieurs années ont ainsi pu regagner leurs villes d'origine.
Pour autant, la peur demeure, affirme Kerim Kamar. « Il y a toujours un sentiment d'insécurité parce que les forces du gouvernement syrien, c'est un amalgame de groupes ethniques, de groupes djihadistes et de milices pro-turques. Ces groupes, qui sont toujours payés par la Turquie, rendent la vie de ces Kurdes très, très difficile au quotidien », reprend celui-ci.
Selon lui, certains enseignants kurdes sont empêchés d'exercer et l'enseignement de la langue kurde est parfois interdit dans les écoles. Plus largement, l'accord du 29 janvier tarde encore à produire des effets concrets dans la vie quotidienne des habitants.
À l'issue de la rencontre, Nechirvan Barzani a réaffirmé son « soutien à une Syrie stable et unie, où les droits de toutes les composantes ethniques et religieuses sont préservés ». Les deux dirigeants ont également insisté sur la nécessité de renforcer leur coordination, notamment économique, afin de contribuer au « renforcement de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans la région ».
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