Zermatt : le ski d'été suspendu sur le glacier, sauf pour Swiss-Ski
Le ski d'été vit-il ses dernières années? La fonte des glaciers est telle que Zermatt a dû suspendre la pratique la semaine dernière, ses installations étant trop instables à cause du recul du glacier. Seule l'équipe suisse de ski peut encore s'y entraîner, mais dans des conditions très dégradées.
Le 1er août a marqué un tournant inhabituel pour le ski alpin. Les remontées mécaniques de Zermatt ont dû suspendre l'exploitation estivale du glacier du Théodule.
Ce ne sont pas tant les conditions d'enneigement qui en sont la cause, mais plutôt les installations. La chaleur persistante, l'absence de rafraîchissement nocturne et la forte fonte du glacier compromettent leur stabilité.
Martin Hug, directeur de Zermatt Bergbahnen, a ainsi souligné que "la sécurité des clients et des collaborateurs est à tout moment notre priorité absolue".
>> Le sujet du 19h30 :
>> Lire aussi : Un été 2026 aussi chaud que celui de 2003 en Suisse, un mois de juillet record en France
Des pistes pour les skieurs et skieuses suisses
Pour l'équipe nationale suisse, cette fermeture ne signifie toutefois pas la fin totale des activités. Les pistes d'entraînement préparées par les remontées mécaniques de Zermatt restent accessibles à certaines équipes de Swiss-Ski, mais dans des conditions nettement dégradées.
Cette exception est permise grâce à un accord signé l’année dernière entre Swiss-Ski et la station valaisanne. "Pour nous, c’est vrai que c’est très efficace, parce qu'en une heure ou deux, l'entraînement est fini et on peut aller récupérer", déclare le champion olympique par équipe Tanguy Nef mardi dans le 19h30 de la RTS. "Mais après, c’est compliqué de voir le glacier plus sombre et moins praticable."
Contenu externe
Ce contenu externe ne peut pas être affiché car il est susceptible de collecter des données personnelles. Pour voir ce contenu vous devez autoriser la catégorie Réseaux sociaux.
Accepter Plus d'info
L'équipe suisse de ski privilégiée
Cette situation met également en évidence l'importance du contrat entre Swiss-Ski et les remontées mécaniques de Zermatt. Grâce à celui-ci, les équipes d'élite suisses continuent de bénéficier d'un accès à l'un des plus importants domaines skiables d'été d'Europe.
Ces dernières années, Zermatt était notamment devenu un lieu d'entraînement incontournable pour les skieurs de vitesse. Les entraînements de descente à près de 4000 mètres d'altitude offraient des conditions qui n'existent plus dans de nombreux autres domaines skiables sur glacier.
>> Lire aussi : Zermatt va créer une nouvelle piste pour accueillir les stars de la Coupe du monde à partir de 2028
Pour ces premiers jours de la nouvelle saison, les skieurs ont plutôt travaillé leur condition physique. L’important était surtout de se retrouver en équipe, peu importe les conditions de neige. "Le but c’est de remettre les skis, d’avoir les chaussures aux pieds et de sentir un peu ce qu'il se passe", explique le champion du monde de slalom Loïc Meillard.
Contenu externe
Ce contenu externe ne peut pas être affiché car il est susceptible de collecter des données personnelles. Pour voir ce contenu vous devez autoriser la catégorie Réseaux sociaux.
Accepter Plus d'info
L'avenir du ski d'été de plus en plus incertain
La fermeture à Zermatt est bien plus qu'un simple problème météorologique à court terme. Il s'agit d'un signe supplémentaire de l'ampleur des changements que le réchauffement climatique fait subir au ski alpin. Les créneaux horaires pour l'entraînement estival sur les glaciers se raccourcissent, tandis que l'entretien des pistes et des installations sur la glace devient plus coûteux.
"Des étés comme celui-ci ont des effets catastrophiques sur les glaciers, donc probablement que sur Zermatt, on pourra encore pratiquer le ski d'été dans les années à venir, mais à terme, c'est clair que le ski d'été est condamné", affirme Christophe Lambiel, géomorphologue et maître d'enseignement et de recherches à l'Université de Lausanne.
>> L'interview de Christophe Lambiel dans le 19h30 :
>> Lire aussi : Les glaciers suisses n'ont déjà plus de réserve contre leur fonte
Face à ce constat, l'équipe de Suisse doit s'adapter. "On n’a pas les étés d’il y a quelques années en arrière", indique Matteo Joris, entraîneur de l'équipe de Suisse. "On doit s’adapter. Si les glaciers ferment en juillet et août, on ira directement dans l’hémisphère sud."
Dans quelques jours et comme chaque année, l’équipe de Suisse prendra d’ailleurs la direction de l’Amérique du Sud et de la Nouvelle-Zélande pour un mois afin de retrouver des véritables conditions hivernales.
Sujet TV: Frank Rohrbasser
Adaptation web: edel avec ats