Le Togo confirme des poursuites contre deux réalisateurs français détenus

Le Togo confirme des poursuites contre deux réalisateurs français détenus

Le Togo s'est exprimé pour la première fois samedi 22 août au sujet des deux réalisateurs français et de leur collaborateur togolais arrêtés fin juillet et détenus depuis.

Dans un communiqué, les ministres de la Sécurité et de la Justice affirment que la justice disposait "d'indices graves et concordants" à l'encontre de Gaël Mocaër, Sebastian Perez Pezzani et Fred Vedomey, arrêtés le 27 juillet alors qu'ils tournaient un épisode de l'émission "Les routes de l'impossible", une série documentaire diffusée sur France Télévisions.

Selon leur avocat, ils ne reconnaissent pas les faits qui leur sont reprochés, et Reporters sans frontières (RSF) appelle une nouvelle fois à leur libération "sans délai".

Pour afficher ce contenu X (Twitter), il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.

La justice togolaise accuse notamment l'équipe d'avoir utilisé un drone dans des zones "soumises à un régime de sensibilité sécuritaire particulier", notamment la région des Savanes (extrême nord), placée sous état d'urgence depuis 2022 en raison de menaces jihadistes.

"Les autorités d'enquête ont retenu l'existence d'indices graves et concordants de nature à justifier l'ouverture de poursuite du chef de fausses déclarations", soutient le communiqué.

Depuis fin 2021, l'extrême nord du Togo est en proie à des incursions de jihadistes présents de l'autre côté de la frontière, au Burkina Faso, miné par les attaques de groupes liés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique.

Les ministères expliquent également que les trois hommes se "prévalaient d'une autorisation délivrée par le ministère chargé du Tourisme", mais "cette autorisation, en date du 19 juin 2026, avait été signée au seul nom de M. Vedomey Komi".

Et elle était "strictement limitée à des localités déterminées qui ne couvraient" notamment pas la région des Savanes.

Le gouvernement évoque également "plusieurs irrégularités dans la préparation et l'exécution" de la mission, sans plus de précisions.

Les trois hommes ont été présentés au parquet de Lomé le 17 août en présence de leur avocat, selon le communiqué.

Ils sont "détenus en lieu sûr, dans des conditions conformes aux normes et standards internationaux", et "bénéficient de l'assistance d'un conseil depuis le stade de l'enquête préliminaire, de l'assistance consulaire française, et ont été autorisés à communiquer avec leurs familles", précise Lomé.

"Graves problèmes de santé"

Contacté samedi par l'AFP, l'avocat togolais des trois hommes, Me Martial Akakpo, affirme que ses clients "ne reconnaissent aucun fait".

Mercredi, Patrice Lucchini, le directeur général de la société Tony Comiti Productions avec laquelle travaillent les réalisateurs, affirmait que l'équipe était "en règle" et qu'elle avait "dépassé une zone" par inadvertance.

À lire aussiRSF appelle à la libération de deux réalisateurs français détenus au Togo avec leur collaborateur

Les trois hommes "ont agi de manière transparente et multiplié les démarches pour respecter la réglementation togolaise : autorisation de tournage obtenue en amont, caractère professionnel du séjour déclaré et matériel de tournage signalé à la douane", a déclaré samedi dans un communiqué transmis à l'AFP le directeur général de RSF, Thibaut Bruttin.

"Rien ne permet d'établir qu'ils auraient sciemment effectué de 'fausses déclarations'", a-t-il ajouté, appelant les autorités togolaises à les "libérer sans délai".

RSF a souligné que Sebastian Perez Pezzani "souffre de graves problèmes de santé", demandant à Lomé "d'autoriser son évacuation sanitaire urgente vers la France".

Les familles des deux réalisateurs avaient fait part de leur "immense inquiétude", dans un communiqué de RSF mercredi.

Avec AFP