Cette année, les candidats au bac et au brevet auront (vraiment) intérêt à soigner leur orthographe

Cette année, les candidats au bac et au brevet auront (vraiment) intérêt à soigner leur orthographe

Life 17/09/2026 13:22

Voulue de longue date par les ministres de l’Éducation nationale successifs, l’évaluation de l’orthographe dans les copies de toutes les matières sera une réalité en 2027.

Au bac comme au brevet, l’orthographe et la syntaxe seront évaluées dans toutes les matières, prévoient des instructions publiées ce jeudi 17 septembre au Bulletin officiel du ministère de l’Éducation nationale (photo d’illustration près de Toulouse lors du bac en 2023).

CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Au bac comme au brevet, l’orthographe et la syntaxe seront évaluées dans toutes les matières, prévoient des instructions publiées ce jeudi 17 septembre au Bulletin officiel du ministère de l’Éducation nationale (photo d’illustration près de Toulouse lors du bac en 2023).

Les règles du jeu changent pour de bon. Si l’intention d’Édouard Geffray de voir l’orthographe et la syntaxe évaluées dans l’ensemble des matières au bac et au brevet n’avait pas véritablement été suivie d’effets en juin dernier, le ministre de l’Éducation nationale a sifflé la fin de la récré ce jeudi 17 septembre avec la parution de plusieurs circulaires au Bulletin officiel.

« L’an dernier, j’ai demandé que le niveau de langue soit pleinement pris en compte dans les épreuves du baccalauréat et du brevet, et ce, dans toutes les disciplines, rappelle Édouard Geffray dans un entretien accordé au Figaro. Cela a, de fait, été pris en compte dans des proportions inégales, faute, sans doute, de précisions suffisantes… »

Et surtout d’instructions ministérielles claires. C’est désormais chose faite avec des barèmes que toutes les correctrices et correcteurs devront appliquer. « Une grille allant de “très insuffisant” à “très satisfaisant” a été définie, commune à toutes les disciplines. Grosso modo, si un élève a une mauvaise expression, il perdra d’office deux points, quelle que soit la matière, y compris en mathématiques par exemple », décrit le ministre.

Des erreurs « très fréquentes » sur des « règles simples » – telles que l’accord entre le sujet et le verbe ou entre le sujet et l’adjectif – feront entrer la copie dans la catégorie « très insuffisant », dispose par exemple la note de service générale. A contrario, si les erreurs sont « rares, isolées, sans caractère systématique », le niveau d’orthographe sera jugé « très satisfaisant ».

Selon Édouard Geffray, « cette grille permettra, de manière prévisible, préparée et universelle, de dire : “Si vous ne savez pas vous exprimer correctement, ça vous coûtera X points” ».

Lacunes ancrées

Concrètement, la note de service fixe qu’« un minimum de deux points est accordé à la maîtrise de la langue dans chacune des épreuves », qui seront « dédiés à la maîtrise des normes orthographiques et syntaxiques ainsi qu’à la capacité à formuler clairement un raisonnement et à utiliser un vocabulaire juste et adapté ».

Pour les disciplines « rédigées », comme le français, la philosophie ou l’histoire-géo, la prise en compte de l’orthographe et de la syntaxe seront encore plus durement sanctionnées, assure Édouard Geffray. « Il est dit explicitement qu’une copie défaillante sur l’orthographe, la construction des phrases et l’organisation du propos ne pourra pas avoir la moyenne. »

Si ce nouveau barème est publié plusieurs mois à l’avance, suffira-t-il à pallier les difficultés rencontrées par de plus en plus d’élèves français, comme l’ont souligné les résultats inquiétants de la dernière enquête Pisa ? Rien n’est moins sûr tant les lacunes semblent ancrées.

Selon une étude Ifop pour l’application spécialisée MerciApp réalisée en 2023, plus de la moitié des Françaises et des Français ne perçoivent pas les erreurs dans des phrases telles que « Je veux faire parti du voyage », « J’ai fais mes devoirs » ou « Cette bague coûte chère ».