Les cyclistes amateurs au bord des routes pentues de la dernière étape du Tour de France Femmes, autour de Nice
« C’est loin mais c’est beau. » Ils l’admettent. Les plus courageux et fervents supporters ont enfilé leur maillot, leur casque et enfourché leur vélo avant de se lancer à l’assaut du col d’Eze avant le passage des coureuses pour l’ultime étape du Tour de France Femmes, dimanche 9 août 2026. Une véritable épreuve, sous un soleil de plomb. À pied, ce n’est guère plus facile mais le jeu en vaut la chandelle une fois le portique indiquant le sommet franchi, culminant à 491 m.
Anthony, étudiant de 21 ans, est parti de chez lui, à La Roquette-sur-Siagne, à 11 h 30 et a mis environ deux heures pour atteindre son but. « C’est la première fois que j’assiste à un Tour de France. Je me suis positionné un peu avant le col parce que même s’il n’y a quasiment pas d’ombre, que l’attente sous le soleil est éprouvante, le panorama est incroyable. Et puis, je n’avais jamais assisté au passage de la caravane, c’était amusant. »
Autre sportif solitaire, Baptiste, 23 ans, a fait le trajet depuis Antibes. « J’ai monté deux fois le col pour essayer. Mais j’avoue, je ne me sentais pas de le faire quatre fois comme les pros », confesse-t-il dans un clin d’œil. Lui aussi a choisi ce point de vue « au niveau de la bosse pour bien voir. Certes, il n’y a pas d’ombre mais, de ce fait, il n’y a pas non plus trop de monde. »

Jean François Ottonello
Ce n’est pas le cas au sommet, plus fréquenté. Derrière les barrières métalliques autour de l’arche, un groupe de potes italiens. Pendant les trois heures précédant le premier passage du peloton, ils ont assuré l’animation en criant et applaudissant dès qu’un amateur − ou une voiture de gendarmes − le franchissait, de quoi susciter les éclats de rire des autres spectateurs. Davide, Anna, Marco, Denis et Priscilla s’en sont donné à cœur joie. Eux aussi sont des adeptes de la pédale. « Bien sûr qu’on fait du vélo nous aussi, lance la dernière feignant d’être vexée. Vous le voyez bien à nos cuisses, c’est du vrai muscle de cycliste, ça ! »
« Une super ambiance »
Loris, 18 ans, est moins expansif mais tout aussi enthousiaste. Cet étudiant en prépa a grimpé sur son vélo chez lui à La Colle-sur-Loup. « C’est mon père qui m’a partagé sa passion et sa culture du Tour de France. J’avais envie de me lancer le challenge de rouler jusqu’au col d’Eze. Il y a plus de monde que ce à quoi je m’attendais, c’est vraiment une super ambiance. »
C’est au niveau des Quatre-Chemins, que la foule est la plus dense. Là encore, de nombreux férus de la petite reine. Étienne, 32 ans, a grimpé depuis chez lui, à Saint-Jean-Cap-Ferrat : « Bon d’accord, ce n’est pas hyper loin mais le col d’Eze, je le fais toutes les semaines alors bon… » Travaillant à Monaco dans le milieu de l’athlétisme, il a emmené son ami, Hamish, athlète néo-zélandais « à assister au Tour de France Femmes, après avoir fait le mont Ventoux l’an dernier. Comme il s’entraîne plusieurs mois par an dans la région, c’était l’occasion à ne pas manquer. »
Dernier effort et beaucoup d’encouragement
Accompagnés d’autres amis, dont une est venue à vélo en libre-service jusqu’en haut du boulevard de l’Observatoire, ils avaient bien potassé le parcours : « Nous faisons les trois premiers tours ici [en haut de la route de la Grande-Corniche] pour assister au quatrième au chemin du Vinaigrier. »
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Ils n’étaient pas les seuls à avoir fait ce calcul. Le peloton de tête avait à peine franchi l’avant-dernière boucle qu’une assemblée s’est dirigée comme un seul homme sur cette route. Dans cette pente très raide, l’effort se lit sur les visages des coureuses alors le public redouble d’encouragements jusqu’à la toute fin.
Jean François Ottonello