"Les éleveurs devront s’engager auprès de l’abattoir" : un nouveau label "100 % Gersois" pour "inciter à consommer local"
l'essentiel Porté par l’abattoir d’Auch et la Chambre d’agriculture du Gers, le label "100 % Gersois" vise à valoriser les éleveurs locaux qui privilégient la production et la transformation au sein du département. Un millier de professionnels est concerné. Explications.
Une fois affiché, difficile de ne pas le remarquer. Matérialisé par une plaquette rouge d'une vingtaine de centimètres de diamètre, le label "100 % Gersois" en impose. Au-dessus du titre, on distingue clairement quatre espèces (bovins, porcins, caprins et ovins) entourées d'un message clair : "né, élevé, abattu et transformé" dans le Gers.
Imaginé par l'abattoir multi-espèces d'Auch et soutenu par la Chambre d'agriculture du Gers, ce nouveau label répond à un besoin exprimé par de nombreux éleveurs du département ces dernières années. "En 2023, quand on a créé le POC 32 (NDLR : association d'éleveurs porcins, ovins et caprins du Gers), c’est quelque chose qui nous animait déjà, de pouvoir enfin s’engager pour le territoire et montrer qu’on défendait le circuit court", rappelle à ce titre Audrey Bourrust, présidente de l'abattoir.
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L'objectif du label est simple : identifier dans un premier temps les éleveurs gersois qui abattent et transforment leur viande dans le Gers. "Les éleveurs devront s’engager auprès de l’abattoir d’Auch, la charte sera signée à l’abattoir. La Chambre d’agriculture finance cette plaquette, pour que chaque éleveur engagé puisse la poser sur sa ferme ou sur son stand au marché, sans que cela ne lui coûte rien", précise Audrey Bourrust.
"Il y a un enjeu pour sauver le seul abattoir départemental"
Pour assister à la naissance de ce label, il aura fallu attendre que l'activité de l'abattoir soit viabilisée, chose faite au printemps. Après avoir placé l'outil en procédure de sauvegarde l'an dernier, Audrey Bourrust a ainsi vu son plan de sauvegarde validé en mai par le tribunal de commerce d'Auch. Pour rappel, le prévisionnel annoncé est le suivant : 5 200 tonnes en 2026, 5 400 en 2027 et 5 500 dans les trois à cinq ans.
Dans cette optique, démarquer les éleveurs locaux qui jouent le jeu du circuit court sur toute la chaîne de production et de transformation est une stratégie assumée par l'abattoir, dans un contexte particulièrement concurrentiel. "Il faut qu’on se fédère, il y a un enjeu pour sauver le seul abattoir départemental", souligne Audrey Bourrust. Pour l'éleveuse de porcs noirs, le message est clair : "La pérennité de l’abattoir dépend de la mobilisation des éleveurs, des bouchers et de tous les acteurs de la viande sur le département."
Reste à s'assurer que le label et la charte seront respectés par les professionnels bénéficiant du label, l'abattoir d'Auch et la Chambre d'agriculture estimant à un millier le nombre d'éleveurs gersois pouvant y prétendre à ce jour. "On sera très exigeants sur le respect de la charte, assure Audrey Bourrust. Les éleveurs, on les connaît et on les voit à l'abattoir. Si quelqu'un signe la charte et qu'on ne le voit pas pendant six mois, il y aura un souci."
"Une véritable volonté d’informer le consommateur sur le circuit court"
Au-delà des éleveurs, le label "100 % Gersois" vise à s'étendre rapidement aux boucheries et au milieu de la restauration afin de toucher un maximum de consommateurs. "Cela vient compléter l'IGP qu'on a pour les canards et volailles", éclaire le président de la Chambre d'agriculture, Lionel Candelon. Pour lui, ce nouveau label tombe sous le sens : "Il faut une marque Gers pour pouvoir valoriser les produits des éleveurs. Il y a une véritable volonté d’informer le consommateur sur le circuit court, qu’il ait vraiment l’information de ce qu’il a dans son assiette, d’où ça vient, où est-ce que ça a été abattu, où est-ce que ça a été transformé."
Audrey Bourrust résume en quelques mots l'esprit du label "100 % Gersois" : "C'est une manière non agressive d’inciter à consommer local".