Les États-Unis dévoilent leur “jour J économique” pour faire plier l’Iran
Géopolitique.
Le ministre des Finances américain a présenté, lundi 24 août, l’opération Economic Outcast, un nouveau paquet de sanctions visant à asphyxier économiquement la République islamique. Sans donner de détails, Scott Bessent a notamment menacé les pays et les entités qui entretiennent des relations commerciales avec Téhéran.
Lors d’une conférence de presse tenue lundi 24 août le ministre des Finances américain a dévoilé un nouvel arsenal de sanctions économiques visant l’Iran. À cette occasion, Scott Bessent a annoncé le lancement de l’opération Economic Outcast (“Paria économique”), visant à asphyxier l’économie iranienne afin de forcer le régime à rouvrir le détroit d’Ormuz.
Dans l’impasse au niveau militaire, Washington mise sur le levier économique pour faire plier la République islamique avec ce nouveau paquet de sanctions. Parmi les annonces de Scott Bessent, l’élargissement des catégories d’“activités liées à l’Iran” susceptibles de faire l’objet de sanctions américaines à l’avenir ainsi que des mesures de rétorsions à l’encontre de “plus de 60 entités, personnes physiques et navires à travers le monde qui permettent à l’Iran de se procurer des technologies nucléaires et balistiques”, indique The New York Times.
Le ministre des Finances a également menacé d’exclure du “système dollar”, au cœur des échanges économiques mondiaux, les organismes aidant l’Iran à blanchir de l’argent. “Personne ne peut échapper aux sanctions américaines”, a-t-il ajouté.
“Ces nouvelles sanctions prévoient des mesures visant des secteurs tels que les actifs numériques, la technologie et le transport maritime, dont le ministère des Finances a estimé qu’ils constituaient pour l’Iran un soutien essentiel à son économie”, résume CNN. “Scott Bessent a également menacé les pays qui entretiennent des relations commerciales avec Téhéran, sans toutefois donner beaucoup de détails”, ajoute la chaîne américaine.
“Offensive financière”
La veille, dans un texte paru dans la section Opinion du Financial Times, le ministre avait fait monter la pression en menaçant Téhéran d’un “jour J économique”. “À l’aube débutera un jour J économique : la plus grande offensive financière jamais organisée contre un adversaire”, écrivait Scott Bessent avant de s’en prendre, déjà, aux pays qui, aux yeux de l’administration Trump, se montrent pusillanimes vis-à-vis du régime des mollahs.
“Le régime n’a plus pour ultime refuge que l’aveuglement de quelques pays peureux qui croient encore que tolérer l’agression est un moyen d’accéder à une paix durable”, ajoute ce fidèle de Donald Trump, fustigeant “des pays qui, en quémandant un répit à Téhéran, continuent d’aider à se reconstituer ce régime dont ils cherchent la protection, des pays pour lesquels la tolérance de l’Amérique est à bout”.
CNN rappelle que Washington impose des sanctions à l’Iran depuis 1979 et la prise de l’ambassade américaine à Téhéran à la suite de la révolution islamique. Ces annonces américaines arrivent à un moment où le rial est au plus bas face au dollar. Selon le site d’opposition Iran International, il faut désormais 2 millions de rials pour obtenir 1 dollar américain.
Courrier international
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