Les femmes disposent de 34,5% du temps de parole à la radio en Wallonie pour surtout parler météo, info trafic et lifestyle (et ça, c'est inquiétant)
Les femmes ne représentent que 34,52% du temps de parole sur les radios FM de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) en 2025, contre 36,64% en 2024, selon le nouveau Baromètre consacré au genre en radio présenté mardi par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), qui constate une sous-représentation "généralisée et très marquée" des femmes.
L'étude porte sur 27 radios FM et plus de 9.000 heures de flux, analysées pour la première fois à l'aide d'un outil d'intelligence artificielle développé sur mesure. Un second volet, vérifié manuellement, porte sur 176 heures d'émissions matinales de 11 radios en réseau, parmi lesquelles Bel RTL, Radio Contact, Nostalgie, NRJ, Fun Radio, LN Radio, La Première, VivaCité, Classic 21, Musiq3 et Tipik.
Dans les matinales, les femmes constituent 44,05% des personnes prenant la parole, mais seulement 38,98% du temps de parole. Le signe que, même si la parité est atteinte, elle ne suffit pas.
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Les voix féminines dépassent 37% du temps de parole dans les créneaux à forte audience, mais tombent à 20% en fin de soirée. Les radios en réseau à couverture provinciale et les radios musicales adultes dépassent 40%, tandis que les réseaux communautaires et urbains se situent autour de 30%, en raison des taux observés dans les radios musicales jeunes et de news/talk, davantage axées sur les émissions et l'information.
Les radios qui consacrent le plus de temps aux émissions et qui enregistrent les audiences les plus élevées sont celles où les voix féminines sont proportionnellement les moins présentes. La sous-représentation est donc "particulièrement marquée dans les espaces radiophoniques qui bénéficient de la plus forte visibilité auprès du public".
Le CSA relève aussi une répartition genrée des sujets: les femmes sont majoritaires en temps de parole dans la météo (60,80%), l'info trafic (62,18%) et les rubriques lifestyle (62,59%), mais minoritaires dans l'humour (26,10%), les séquences sur le sport (32,89%) ou les sujets liés à l'emploi et aux entreprises locales (19,24%). Elles restent également minoritaires dans l'animation générale (29,89%).
Bruel, Depardieu : Comment ces cas sont sortis du simple fait divers... "Les femmes journalistes bousculent les manières de faire dans les médias"Par ailleurs, sur plus de 1.834 heures analysées en 2024 et 2025, 209 termes seulement renvoient à des identités de genre diverses, principalement sur les radios indépendantes associatives. Aucune personne explicitement identifiée comme non binaire n'a été relevée dans les matinales.
Le régulateur relève toutefois quelques évolutions positives. Les femmes sont presque aussi nombreuses que les hommes parmi les personnes intervenant comme expertes, leur part étant passée de 26,03% en 2019 à 48,44% en 2024, soit une hausse de 22,41 points de pourcentage. Une progression que le CSA qualifie d'"exceptionnelle" au regard des évolutions observées lors des précédentes éditions du Baromètre. Leur part de parole dépasse également celle des hommes dans les journaux parlés (51,71%).