Les résidents de la maison de repos Les Prés Brion, à Huy, coincés à l'étage… faute d'ascenseur encore fonctionnel: "c'est inadmissible"

Les résidents de la maison de repos Les Prés Brion, à Huy, coincés à l'étage… faute d'ascenseur encore fonctionnel: "c'est inadmissible"

Il n'est pas rare de recevoir des courriers, à la rédaction, dénonçant l'une ou l'autre situation… qui quelques fois, d'ailleurs, ne se vérifie pas. Sauf que là, le courrier reçu en ce début de semaine a d'autant plus attiré notre attention qu'on y lisait un réel désespoir, un découragement certain. Un courrier venant de pensionnaires des Prés Brion, cette maison de repos ouverte à Ben-Ahin il y a une vingtaine d'années et qui fait partie de l'intercommunale du CHRH.

Ce courrier laissait entendre que la maison de repos ne dispose plus d'ascenseur. Que ceux-ci sont hors-service. "Les pensionnaires sont obligés de rester sur leur niveau. Impossibilité de sortir prendre l'air", expliquait le signataire dudit courrier qui terminait par un "les pensionnaires sont désespérés".

Une plainte déposée au pénal

Et effectivement, les deux ascenseurs de la maison de repos sont en panne. La direction de l'intercommunale le reconnaît mais ce n'est pas faute d'avoir essayé de trouver une solution… "On a en effet un problème d'ascenseur depuis quelques mois, explique Jean-François Ronveaux, directeur général au sein du CHRH. On a un réel problème et la société qui les a installés n'assume pas." Soit un seul fonctionne, soit tous les deux sont hors service. "On a tout fait d'un point de vue administratif pour faire avancer les choses", avoue le directeur général. Et d'ajouter : "on a même déposé plainte au pénal pour non-assistance à personne en danger. C'est la première fois depuis le début de ma carrière que je suis amené à faire ça…" Mais clairement, "on est en situation de crise".

Les deux ascenseurs, installés lors de la construction de la maison de repos, devaient être remplacés. Après 20 ans, c'est une usure normale. L'intercommunale a dès lors lancé un marché public pour leur remplacement, elle n'avait pas le choix, c'était la procédure à suivre. Plusieurs entreprises, dont celle qui avait installé les ascenseurs à l'origine, ont remis offre. L'intercommunale a choisi le devis déposé par cette entreprise d'origine portugaise mais qui a une succursale en Belgique, une entreprise "qu'on ne connaissait pas". Ce choix a-t-il été fait pour une question de prix ? Non, pas uniquement. "Il n'y a pas que le prix qui intervient, il y a d'autres critères. Comme la qualité, le service." Jean-François Ronveaux précise : en règle générale, c'est 60 % pour le critère du prix et 40 % pour les autres critères comme, aussi, la maintenance.

Depuis des mois, les ascenseurs – qui ont donc été remplacés – sont défaillants et depuis des mois, l'intercommunale met la pression sur la société qui est venue les installer mais "elle ne trouve pas la solution technique". Les nouveaux ascenseurs sont bel et bien installés mais ils ne fonctionnent pas. Petit espoir ? "La société nous promet une solution pour lundi matin", avoue Jean-François Ronveaux. Mais il ajoute tout aussi vite : "sauf que je n'y crois plus beaucoup… Ils nous garantissent qu'ils en mettront un des deux en service lundi. Et le deuxième le 3 août." Mais autant la direction que le personnel ou encore les résidents attendent avant de crier victoire.

Un problème de qualité de vie

Les Prés Brion, c'est une maison de repos à un étage, et un seul heureusement. Elle héberge 114 résidents et occupe une cinquantaine de membres du personnel. Environ 70 résidents ont leur chambre au premier étage… et y sont donc coincés sans la possibilité de descendre au rez-de-chaussée ou encore dans les jardins, s'ils ne savent pas emprunter les escaliers. Ils sont nombreux les résidents qui ne savent plus se déplacer facilement. Le personnel, lui, est obligé de se farcir plusieurs fois par jour les escaliers lorsqu'il doit amener les repas aux résidents ou encore la literie.

Pas de risque d'être sans ascenseur s'il y avait une obligation d'évacuer les résidents ? Déjà, les pompiers sont prévenus. Et puis "en cas de problème, de catastrophe, on ne pourrait de toute façon pas utiliser les ascenseurs. Ce n'est donc pas un problème de sécurité mais bien de qualité de vie pour les résidents" et de qualité de conditions de travail pour le personnel. "C'est juste inadmissible", commente Jean-François Ronveaux.

Si la maison de repos n'était pas tenue par le marché public, elle se serait adressée à une autre entreprise. Et même… "On a essayé de faire intervenir une autre société mais elle ne connaît pas le fonctionnement de ces ascenseurs. Certaines sociétés, aussi, ne veulent pas intervenir sur du matériel qu'elles n'ont pas installé…" La direction de l'intercommunale aurait été prête à faire fi du marché public et à travailler avec une autre société, pourtant. "On aurait assumé, pour le bien-être de nos résidents et de notre personnel."

Une amende à la clé

Et clairement, l'entreprise qui a installé le marché va devoir payer… C'est prévu dans le contrat (un contrat à 150.000€) et "ils sont déjà 150 jours en retard". Sauf que Jean-François Ronveaux l'avoue : il se moque de l'amende que la société d'installation sera amenée à payer. "Qu'elle fasse fonctionner les ascenseurs… L'amende, ce n'est pas ça qui nous intéresse. notre priorité, ce sont les résidents et le personnel qui sont obligés d'utiliser les escaliers." Le directeur général du CHRH l'avoue, c'est le souci des marchés publics avec lesquels le client est lié une fois le contrat signé. "On était très content de la société qui avait installé les ascenseurs lors de la construction des Prés Brion, mais elle n'a pas décroché ce marché de remplacement."

Alors oui, la direction comprend le désarroi des résidents. "Humainement, cela ne va pas du tout. Je tiens d'ailleurs à remercier le personnel qui fait des efforts. Mais il ne faut pas croire qu'on ne s'occupe pas de ce problème. C'est le dossier le plus important, actuellement, de l'intercommunale…" Avec une solution, enfin, lundi prochain ?

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.