"Leur taper sur la gueule" : Omar Sy très remonté sur France Inter face au traitement du mouvement lycéen, "je trouve ça lamentable"

"Leur taper sur la gueule" : Omar Sy très remonté sur France Inter face au traitement du mouvement lycéen, "je trouve ça lamentable"

Omar Sy était venu présenter la nouvelle saison de Lupin sur Netflix. Mais ce mercredi 14 octobre sur France Inter, la conversation a quitté la fiction pour revenir à une actualité qui secoue la France depuis plusieurs semaines. Interrogé sur le mouvement lycéen, l’acteur n’a pas esquivé. La veille encore, entre 161 500 et 480 000 personnes avaient manifesté dans le pays selon les estimations respectives du ministère de l’Intérieur et de l’intersyndicale de la jeunesse.

Face au micro, le comédien et père de famille a immédiatement parlé des jeunes comme d’une génération qui cherche à se faire entendre. "C’est nos mômes, c’est l’avenir de notre pays qui est en train de dire à un pays qui est complètement à la dérive : 'j’ai un cap'". Puis il a laissé éclater sa colère : "Quand je vois qu’on ne réagit pas à ça, et que le réflexe, c’est de les empêcher de parler, ou de leur taper sur la gueule ou même de les mettre les uns en face des autres pour faire des combats d’enfants, je trouve ça lamentable".

Omar Sy s’emporte sur France Inter face à la réponse donnée aux lycéens

Depuis la mi-septembre, les blocages et manifestations se sont multipliés autour des conditions d’enseignement, du manque de personnels, de l’état de certains établissements ou encore de Parcoursup. Le mouvement a aussi pris une tournure plus dure. Des lycéens ont été blessés, des personnels de l’Éducation nationale ont été agressés et plusieurs établissements ont subi des dégradations. Le 13 octobre, les autorités faisaient état de 147 personnels éducatifs blessés depuis le début de la mobilisation et de 36 enquêtes confiées à l’IGPN concernant des faits mettant en cause des policiers.

C’est dans ce climat qu’Omar Sy a insisté sur ce qu’il estime manquer aujourd’hui : un vrai temps d’écoute. "Avant de commencer à réprimander, sanctionner […], on les écoute pas du tout. Mais pire que ça, on leur demande de se taire et puis on leur demande entre eux de se mettre d’accord (alors qu') on ne sait même pas ce qu’ils ont à dire". Quelques secondes plus tard, l’acteur a encore lâché : "Oh, mais oh ! Ils ont un truc à dire", avant de conclure : "Venez on se calme, on les écoute et après on verra".

Mouvement lycéen : une colère qui dépasse désormais les portes des établissements

Sur le terrain, la mobilisation ne ressemble déjà plus aux premiers blocages observés en septembre. Des étudiants ont rejoint les cortèges, certaines universités ont été perturbées et les revendications se sont élargies. Dans plusieurs villes, les journées de mobilisation ont également donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre, pendant que des proviseurs racontent de leur côté les menaces, les blessures et l’épuisement accumulé depuis plusieurs semaines. Omar Sy ne s’est donc pas contenté d’un message de soutien envoyé depuis les réseaux sociaux. Sur une matinale nationale, en pleine promotion de Lupin, il a consacré plusieurs minutes à cette crise et employé des mots rarement entendus dans ce type d’entretien. Pas de longue démonstration, ni de slogan préparé : il a parlé de "nos mômes", de sanctions, de violences et d’une parole qu’il estime insuffisamment entendue. À quelques jours des vacances scolaires, alors que les lycéens promettent encore de poursuivre leur mobilisation, cette sortie ajoute une voix très exposée à un mouvement qui occupe désormais une place centrale dans l’actualité.

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