Litre de gazole à plus de 2,23 euros et au-dessus des 2 euros pour l'essence: faut-il s'attendre à une baisse des prix à la pompe dans les prochains jours?
Litre de gazole à plus de 2,23 euros et au-dessus des 2 euros pour l'essence: faut-il s'attendre à une baisse des prix à la pompe dans les prochains jours?
Publié aujourd'hui à 12h52
Lire dans l'appPortés par les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran, les prix des carburants ont atteint des sommets ces derniers jours. Si le passage en station fait très mal au portefeuille, un reflux sous la barre des 2 euros reste envisagé d'ici la fin de la semaine.
Le plein de carburant pèse plus que jamais sur le budget des automobilistes. Le prix du gazole s'établit désormais à 2,231 euros le litre, marquant une hausse de 2,0 centimes d'euro sur une semaine (+0,90%) et de 32,6 centimes d'euro sur un mois (+17,10%), selon les derniers relevés des prix moyens nationaux publiés par Carbu.com.
De son côté, le SP95-E10 franchit également le seuil symbolique des 2 euros pour s'afficher à 2,015 euros le litre, enregistrant une progression de 10,8 centimes d'euro sur un mois (+5,70%).
Un gazole davantage soumis aux tensions internationales
Pour les automobilistes français, l'addition s'alourdit à un rythme particulièrement soutenu, touchant d'autant plus le gazole, qui reste le carburant le plus consommé en France. Cette surchauffe spécifique du diesel par rapport au sans-plomb s'explique par le déficit structurel de raffinage en Europe : si la France produit suffisamment d'essence, elle doit importer environ 50% de son gazole. Depuis l'embargo sur les produits russes, le Vieux Continent s'approvisionne largement en gazole auprès de raffineries indiennes traitant du brut russe.
Ce circuit triangulaire s'est toutefois fortement tendu sous la pression directe de Moscou : confronté à des pénuries internes après des attaques contre ses installations de raffinage, le gouvernement russe a instauré en octobre 2025 un embargo sur ses exportations de gazole, un gel prolongé à plusieurs reprises et reconduit fin juillet 2026. Ce contexte, conjugué à l'allongement des routes maritimes et aux risques de perturbations au Moyen-Orient, accentue la vulnérabilité du diesel à la moindre tension internationale.
"On voit très bien que le prix du pétrole dépend des annonces de monsieur Trump, quand il dit 'je vais attaquer sauvagement l'Iran'; automatiquement, le prix du pétrole monte de 5 à 10 dollars voire plus et, dans les jours qui suivent, les prix des carburants augmentent", explique sur BFMTV Jean-Pierre Favennec, professeur à l'IFP School et spécialiste de l'énergie.
Une accalmie espérée avec le retour du plafond de Totalenergies
Face à cette poussée de fièvre, des signaux d'apaisement émergent sur le terrain commercial. Le rétablissement du plafonnement chez Totalenergies fin juillet, désormais fixé à 1,99 euro le litre pour l'essence et 2,25 euros pour le gazole, devrait mécaniquement contenir et freiner les hausses dans ses 3.300 stations. Des stations parfois prises d'assaut, surtout lors des week-ends de grands départs et de retours de vacances, où surviennent de rares pénuries.
"Quelques tensions d'approvisionnements très localisées peuvent être observées", nous indique la communication de Totalenergies, expliquant ces retards par la forte affluence du chassé-croisé estival combinée au succès de ses tarifs plafonnés.
Le groupe précise que ses équipes sont "pleinement mobilisées pour prioriser l'approvisionnement des stations concernées" et rappelle que la disponibilité des carburants est réactualisée toutes les 30 minutes environ sur son site internet. Sur autoroute, le pétrolier enfonce même le clou lors des week-ends de grands départs avec une opération spéciale ramenant le gazole au même tarif que l'essence, soit 1,99 euro le litre. Une opération déjà pratiquée les 1er-2 août et de retour pour les 15-16 août et 29-30 août.
Dans ce contexte et s'il faut bien sûr rester prudent, un repli du gazole sous la barre des 2 euros d'ici à la fin de la semaine reste même anticipé par Jean-Pierre Favennec. Cet espoir de soulagement reste hautement dépendant de la nervosité internationale : tant que l'incertitude pèse sur le détroit d'Ormuz, véritable point névralgique par où transite un cinquième du pétrole mondial, la moindre étincelle diplomatique risque d'annuler les perspectives de baisse.
Quelles aides en France ?
En France, plusieurs mécanismes d'indemnisation et dispositifs d'aide restent heureusement mobilisables pour alléger la facture, comme le détaille cet article de nos confrères de RMC Conso.
Pour amortir le choc à la pompe, plusieurs dispositifs de soutien sont accessibles aux automobilistes et aux professionnels. Côté particuliers, l'État propose l'indemnité "grands rouleurs" d'un montant forfaitaire de 100 euros, destinée aux travailleurs modestes qui effectuent plus de 15 kilomètres par trajet domicile-travail ou plus de 8.000 kilomètres par an. La demande s'effectue directement en ligne sur le site "impots.gouv.fr".
Du côté des salariés, les entreprises peuvent verser une prime carburant exonérée d'impôts et de cotisations sociales, dont le plafond est fixé à 600 euros par an. Les automobilistes déclarant leurs frais réels bénéficient également de la revalorisation du barème kilométrique. Enfin, des aides sectorielles accompagnent les professions les plus exposées, notamment les transporteurs routiers, les agriculteurs, les pêcheurs ou les entreprises du BTP.