“Ma femme a été malmenée” par la police : après le PenelopeGate et l’affaire des costumes, les regrets de François Fillon chez Guillaume Pley

“Ma femme a été malmenée” par la police : après le PenelopeGate et l’affaire des costumes, les regrets de François Fillon chez Guillaume Pley

Invité du podcast Legend, François Fillon est longuement revenu sur l'affaire des emplois fictifs qui a brisé sa carrière en 2017. L'ancien Premier ministre y règle ses comptes avec ceux qu'il juge responsables de sa chute, tout en reconnaissant certaines fautes, huit ans après les faits.

Ce que François Fillon reproche à ceux qui se sont tus

L'ex-candidat à la présidentielle disait vouloir "solder des comptes, dire sa vérité". Sans surprise, il vise d'abord ceux qui, selon lui, l'ont abandonné. "Les gens auxquels j'en veux le plus, ce sont tous les gens lâches, ceux qui se sont tus ou m'ont accablé alors qu'ils étaient au courant des situations, ou étaient dans des situations identiques à la mienne", lance-t-il. L'ancien locataire de Matignon conteste en outre toute irrégularité : "Il n'y a pas eu d'emploi fictif. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est la justice".

Le couple a effectivement été relaxé au bénéfice du doute pour la période 1998-2002, mais reste condamné pour les contrats de 2002-2007 et de 2012-2013. Sur ce dernier point, l'ex-Premier ministre, condamné définitivement pour les emplois fictifs de son épouse, admet : "J'ai eu tort, je n'aurais pas dû poursuivre cette organisation lorsque j'étais au gouvernement, et que mon suppléant siégeait".

Costumes et présidentielle : les regrets de l'ex-Premier ministre

Interrogé sur les conséquences de l'affaire, le Sarthois se montre catégorique. "Sans cette affaire, Emmanuel Macron n'aurait pas été président de la République, j'en suis convaincu (…). Cette affaire m'a coûté l'élection présidentielle", estime-t-il. Quelques minutes plus tard, il nuance toutefois son propos en jugeant que l'affaire des costumes de luxe qui lui avaient été offerts a "pesé beaucoup plus lourd" "dans l'esprit des Français". Là encore, l'ancien favori de la droite reconnaît sa part de responsabilité : "J'ai commis une faute, j'aurais dû les renvoyer immédiatement".

Ce mea culpa reste néanmoins limité, car l'ex-chef du gouvernement continue d'imputer sa mise en cause à une volonté de l'écarter. Il évoque "une volonté de certains de m'empêcher d'être candidat" et met directement en cause des magistrats "qui ont tous servi dans des cabinets de gauche", animés selon lui par un esprit de "revanche".

Le regard critique de François Fillon sur Macron et la Russie

L'ancien ministre conserve enfin un jugement sévère sur le bilan présidentiel. À ses yeux, Emmanuel Macron "restera dans l'histoire comme quelqu'un qui a beaucoup abîmé le pays" et a "accéléré de façon brutale la chute du pays". Proche de Bruno Retailleau, qu'il lui arrive de conseiller, il plaide désormais pour "un projet de droite fort, en rupture complète avec ce que le président a fait".

Souvent interrogé sur sa proximité avec Vladimir Poutine, il assure n'avoir jamais entretenu que "des relations de travail" avec le dirigeant russe, dont il ne conteste ni le "régime autoritaire" ni "la faute" d'avoir envahi l'Ukraine. Enfin, celui qui avait appelé à voter Macron face à Marine Le Pen en 2017 se dit aujourd'hui d'un autre avis : "Je n'appellerais certainement pas à voter pour Emmanuel Macron après le constat que le pays s'enfonce dans la crise". Sur un éventuel vote Le Pen, il se garde toutefois de répondre.