Mali. « Oui à l'excision » : une campagne sur les réseaux sociaux en faveur de la pratique scandalise
Lancée sur Facebook, une campagne intitulée « Oui à l'excision », défendue par des hommes au nom d'arguments religieux, suscite une vive polémique au Mali.
La rédaction -
Aujourd’hui à 07:30
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« Oui à l’excision, nous voulons la protéger. » C’est sous ce slogan que plusieurs affiches circulent sur des dizaines de comptes Facebook maliens, et plus largement ouest-africains, depuis la mi-août. La pratique, une mutilation génitale qui consiste en l’ablation du clitoris, y est présentée comme un moyen de « protéger les petites filles » et de « construire leur avenir ». Au Mali, la loi concernant cette pratique est ambiguë, au point que les supports de la campagne sont estampillés du slogan « Faisons respecter la loi ».
En réaction, de nombreuses organisations féministes et acteurs de la société civile ont exprimé leur indignation. Zeinabou Tina Idé, défenseure des droits des femmes, dénonce une instrumentalisation des réseaux sociaux : « Ce qui m’a particulièrement préoccupée, c’est le fait que cette campagne ait utilisé des codes de communication modernes, sur les réseaux sociaux, pour donner une sorte d’apparence de légitimité à une pratique qui porte atteinte à l’intégrité physique des filles et des femmes », rappelle-t-elle à la BBC.
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89 % des Maliennes de 15 à 49 ans concernées
Elle réfute également tout fondement religieux, un argument particulièrement mis en avant dans cette campagne : « Dans le monde religieux musulman, cela n’est pas vraiment recommandé. Al-Azhar, la plus haute autorité de l’islam sunnite, a publié une fatwa affirmant que l’excision n’a aucun fondement religieux et constitue une agression contre la personne humaine. »
Plus largement, en guise de riposte, des messages inverses circulent en ligne sous les slogans « Non à l’excision » ou « Protégeons les filles ». Une pétition en ligne réclame par ailleurs une interdiction nationale de la pratique, tandis que plusieurs organisations féministes ont appelé à manifester le samedi 22 août afin d’exiger l’adoption d’une loi spécifique. Selon les Nations unies, 89 % des femmes et filles âgées de 15 à 49 ans ont subi une mutilation génitale féminine au Mali, malgré les graves conséquences sanitaires qu’elle peut entraîner.