Marco, le plongeur des Gorges du Tarn, retrouve une médaille précieuse perdue à 5 mètres de profondeur en seulement 20 minutes
Perdre un objet dans une rivière peut sembler irrémédiable. Pourtant, Marco et Léon plongent là où tout le monde renonce, équipés d’un détecteur de métaux et de bouteilles de plongée, pour tenter de retrouver ces précieux souvenirs. Cet été, près de 230 demandes leur sont parvenues.
En vacances, à la mer comme à la rivière, cette mésaventure de la vie nous est presque tous arrivée un jour. Rien de plus triste que de perdre un objet précieux, surtout lorsqu’il revêt une valeur sentimentale et d’être dans l’incapacité de le retrouver alors qu’il est là, posé sous vos pieds.
Un mois en arrière, dans les Gorges du Tarn au niveau de Montbrun, cette mauvaise expérience est venue à moi. Proche d’une falaise, à quelques secondes du saut, je décide de retirer ma médaille par précaution, afin d’éviter de la perdre durant ma chute. Mais voilà que l’ingrate me glisse des mains, opère quelques rebonds sur la pierre et continue sa chute tête la première dans l’eau.
Plus de 5 mètres de profondeur me séparent du fond de la rivière avec une visibilité très réduite. Après ma première descente impossible de retrouver la médaille, la vase l’avait déjà recouverte.
Après le déni, survient toujours la colère et après elle, le marchandage
Après le déni, survient toujours la colère et après elle, le marchandage. Quelques jours après l’incident, je tombe par hasard sur une vidéo de Midi Libre avec Marco, un jeune qui part à la recherche d’objets perdus dans les cours d’eau pour les remettre aux gens. Il est équipé de la tête aux pieds : combinaison et bouteilles de plongée, lampe et détecteur de métaux. Je prends contact avec lui via les réseaux et sur son site internet. Rapidement, il m’informe qu’il viendra le 13 août 2026.
Après être arrivé sur place, accompagné de son cousin Léon, ils s’équipent et descendent à la recherche de la médaille. Une heure après il me recontacte en visioconférence et m’annonce la nouvelle : "Je ne l’ai pas trouvée, désolé", je lui réponds que cela ne fait rien, mais il ajoute, "à part si elle ressemble à ça" et me montre le médaillon qu’il a retrouvé en 20 minutes seulement. Il a fait le trajet jusqu’à Mende pour me le restituer en main propre.
Une rencontre fortuite qui m’a permis d’en savoir plus sur son activité pour le moins insolite. Cette passion lui vient de l’enfance, ayant grandi proche d’une rivière en Ardèche, il s’amusait régulièrement à dénicher les trésors perdus dans les cours d’eau. Au fur et à mesure, il entreprend des investigations pour les restituer aux propriétaires et commence à se faire connaître.
Près de 230 demandes de "sauvetage" sur la saison estivale
Aujourd’hui, il reçoit une quantité phénoménale de demandes de "sauvetage", "230 sur la saison estivale", estime-t-il. Ne pouvant toutes les honorer il sélectionne environ une 50 de "missions" qui, la plupart du temps, sont peu probantes. "En général c’est parce que les gens ne reconnaissent pas l’endroit exact où ils ont perdu leur objet et forcément plus la zone est large, plus c’est difficile", détaille son cousin, Léon, étudiant en ingénierie.
Des missions souvent infructueuses, mais qui prennent tout leur sens lorsque le détecteur finit par sonner. Car derrière chaque objet retrouvé se cache un souvenir, une histoire, parfois une petite part de vie que l’on croyait définitivement perdue. Pour ma médaille, l’histoire se termine bien. Et dans les Gorges du Tarn, il reste désormais un plongeur à remercier… et une prochaine baignade à laquelle il faudra réfléchir à deux fois avant de retirer mon précieux bijou.