Marie-Antoinette, Elizabeth Ire, Olga Nikolaïevna, Ferdinand II de Portugal, Louis XVIII… Au cœur d’enchères automnales

Marie-Antoinette, Elizabeth Ire, Olga Nikolaïevna, Ferdinand II de Portugal, Louis XVIII… Au cœur d’enchères automnales
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Quatre lots « royaux » en vente aux enchères chez Sotheby’s à Paris, Aguttes à Neuilly-sur-Seine et Christie’s à Paris, début novembre 2026

© Maisons de vente Sotheby’s, Aguttes et Christie’s

Dominique Bonnet 23/10/2026 à 21:00, Mis à jour le 23/10/2026 à 21:01

ENCHÈRES ROYALES – Ce début novembre, la royauté s’invite chez Aguttes, Christie’s et Sotheby’s, avec quelques pièces remarquables, le temps de plusieurs ventes dont celle exceptionnelle des intérieurs d’un hôtel particulier parisien du sheikh Hamad bin Abdullah Al Thani, cousin de l’émir du Qatar.

Un samovar, une cafetière, une théière, un sucrier couvert, un pot à lait, un passe-thé, une pince à sucre et un grand plateau ovale. Telles sont les huit pièces qui constituent le très raffiné service à thé et café en vermeil qui sera mis aux enchères par Aguttes à Neuilly-sur-Seine le 12 novembre 2026. Un service impérial au sens propre comme au figuré.

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Un ensemble complet, rarissime sur le marché

Car ce lot, estimé entre 40.000 et 80.000 euros, trouve son origine à la Cour de Russie. Selon la maison de vente, il s’agirait d’une commande faite en 1840 par le tsar Nicolas Ier en personne dans le cadre de la constitution de la dot de sa deuxième fille, la grande-duchesse Olga. Un О et un Н entrelacés - les initiales en cyrillique de la jeune fille qui épousera six ans plus tard le prince héritier Charles de Wurtemberg – coiffés de la couronne impériale figurent sur une face des pièces principales de ce service en argent couvert d’une couche d’or, tandis que l’autre présente l’aigle bicéphale impériale. S’y découvre aussi tout un décor néoclassique mêlant feuilles d’eau, oves, rangs de perles, rinceaux, guirlandes de fruits, figures de Psyché aux ailes de papillon, mascarons grotesques, têtes de chimères et pattes de lion.

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Service à thé et café de la grande-duchesse Olga Nikolaïevna de Russie, en vente chez Aguttes à Neuilly-sur-Seine, le 12 novembre 2026

© Henri du Cray/Aguttes

« Le caractère exceptionnel du présent ensemble tient à son état de conservation et à sa quasi complétude », souligne Grégoire de Thoury, expert et directeur du département mobilier & objets d’art chez Aguttes. Les près de 500 pièces d’argenterie que comptait la dot de la grande-duchesse Olga ont en effet été progressivement dispersées au cours du XXe siècle, rejoignant musées ou collections privés. Si certaines réapparaissent de temps à autre sur le marché, c’est généralement isolément. D’où le caractère rarissime de cet ensemble jusqu’alors en mains privées, qui justifie cette fourchette large quant à son estimation.

« Elle traduit à la fois la rareté de l’ensemble et l’incertitude légitime qui entoure son niveau de marché : il n’existe pas de véritable équivalent récent permettant d’établir une valeur de référence fiable pour un service impérial de cette ampleur, conservé dans un tel degré de cohérence. Le simple fait d’avoir retenu une estimation du simple au double manifeste donc le potentiel exceptionnel du lot, tout en assumant qu’il s’agit d’un objet dont le marché devra, en quelque sorte, fixer lui-même la valeur », explique-t-il

Coupe à boire équine de Ferdinand II du Portugal et gobelet de Marie-Antoinette

Quelques jours auparavant, le 3 novembre, dans le cadre de sa « Classic Week » à Paris, Sotheby’s propose deux pièces royales elles aussi d’exception lors de sa vente « The Exceptional Sale, L’esprit français célèbre tous les savoir-faire ». La statuette de cheval cabré du lot 5, qui s’avère être une coupe à boire, la tête de l’animal basculant, a en effet appartenu au roi consort Ferdinand II du Portugal, célèbre collectionneur et mécène dans le domaine des arts décoratifs. Œuvre de l'allemand Jakob Fröhlich, l’un des plus remarquables orfèvres de Nuremberg de la seconde moitié du XVIe, ce superbe objet en vermeil et argent est estimé de 80.000 à 120.000 euros.

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COUPE À BOIRE ZOOMORHIQUE EN VERMEIL ET ARGENT ALLEMAND PAR JACOB FRÖHLICH, NUREMBERG, 1559-1570, 80 000-120 000 €

Coupe à boire ayant appartenu au roi consort Ferdinand II du Portugal, en vente chez Christie’s à Paris le 3 novembre 2026

© Jessie VIALARD/Christie’s

Quant au lot 34, un délicat gobelet en porcelaine dure à deux anses sur piédouche décoré de feuillages, d’une chèvre et d’un mouton (30.000 à 50.000 euros), il est lié à la dernière reine de France Marie-Antoinette.

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Gobelet commandé pour la laiterie de Marie-Antoinette à Rambouillet, en vente chez Christie’s à Paris le 3 novembre 2026

© Jean-Philippe HUMBERT/Christie’s

Il comptait en effet parmi les pièces de la manufacture royale de Sèvres livrées en 1787 ou 1788 pour sa laiterie du château de Rambouillet, cadeau de son époux Louis XVI où elle ne se rendit qu’une seule et unique fois, pour son inauguration.

Des portraits de reines et de rois de la collection du sheikh Hamad bin Abdullah Al Thani

La maison Sotheby’s, pour sa part, disperse à Paris les meubles et objets d’art contenus dans l’hôtel particulier du sheikh Hamad bin Abdullah Al Thani, situé rue Floquet au cœur du 7e arrondissement. Ses intérieurs avaient été conçus, pièce par pièce, par ce grand collectionneur, membre de la famille royale du Qatar, et le décorateur parisien Alberto Pinto.

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Vue du mobilier et des objets d'art du Grand Salon de l'hôtel particulier du sheikh Hamad bin Abdullah Al Thani, rue Floquet à Paris, en vente chez Sotheby's à Paris, début novembre 2026

© Louis Blancard / Art Digital Studio / Sotheby’s

Quatre ventes (les 4, 5 et 6 novembre) et une vente en ligne (jusqu’au 9 novembre) seront nécessaires pour adjuger les plus 1400 objets et œuvres mis aux enchères, entre peinture, mobilier européen, sculpture, orfèvrerie et arts décoratifs design du XXe siècle. Et certains d’entre eux ne sont pas uniquement royaux en raison de leur propriétaire actuel.

Il en est ainsi d’un magnifique portrait de la reine d’Angleterre Elizabeth Ire, datant des environs de 1595, attribué à l’École anglaise (150.000 à 200.000 euros), de celui de Marguerite d'Autriche, reine d'Espagne, du Portugal et des Deux-Siciles par l’atelier du peintre espagnol du XVIe siècle Juan Pantoja de la Cruz (40.000 à 60.000 euros) ou ceux, en miniature, d’Anne de Danemark, reine de Grande-Bretagne et d'Irlande, peint par l’Anglais Nicholas Hilliard au début du XVIIe siècle (30.000 à 50.000 euros) et de la reine Victoria par l’Anglais John Haslem au XIXe siècle (2.000 à 3.000 euros).

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Portrait de la reine d’Angleterre Elizabeth Ire, datant des environs de 1595, attribué à l’École anglaise, en vente chez Sotheby’s à Paris, le 4 novembre 2026

© Sotheby’s

S’y ajoutent les portraits des rois d'Angleterre et d'Écosse James Ier par l’atelier de John de Critz l'Ancien au début du XVIIe siècle (40.000 à 60.000 euros) et de France Louis XVIII par l’atelier du Baron Gérard au début du XIXe siècle (80.000 à 120.000 euros), ainsi que des miniatures du Prince-régent, futur roi George IV du Royaume-Uni (2.000 à 3.000 euros et 5.000 à 7.000 euros), de James Ier d’Angleterre (3.000 à 4.000 euros) mais également de Louis XIII (6.000 à 8.000 euros) et de Louis XVIII et Charles X (3.000 à 4 .500 euros).

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