Mégaferme à saumons en Gironde : la préfecture donne son feu vert, les opposants vont déposer un recours
L'implantation contestée d'un élevage de milliers de saumons en circuit fermé au Verdon-sur-Mer en Gironde, d'une ampleur inédite en France, a été autorisée "dans un cadre environnemental strict", a annoncé ce mardi la préfecture du département.
Par Éloïse Roger Publié le mardi 4 août 2026 à 18:47
Il est le poisson le plus consommé par les Français. Le saumon, actuellement importé à 99 %, pourrait être bientôt produit en Gironde. La préfecture a donné son feu vert ce mardi 4 août 2026 pour la construction d'une mégaferme à saumons, au Verdon-sur-Mer. Ce projet s'étend sur 14 hectares au bout du Médoc. Porté par la société Pure Salmon, il va coûter 280 millions d'euros et sera financé par un fonds d'investissement singapourien.
Les opposants dénoncent le timing
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Dans un premier temps, les opposants dénoncent le timing des autorités, une annonce juste après le mégafeu que le département a connu près du bassin d'Arcachon. Pour ce projet, il faudra l'équivalent de deux piscines olympiques et demi d'eau par jour, et Pure Salmon dit avoir fait tous les tests nécessaires. La réserve d'eau potable de la Gironde ne sera pas touchée assure l'entreprise.
Ce qu'Esther Dufaure, la cofondatrice de l'ONG Seastemik, peine à croire. "Les scientifiques disent qu'ils ont fait des tests non concluants, il est impossible de savoir quel est l'impact. Ce qui a déjà été identifié, c'est que potentiellement, l'eau pompée par Pure Salmon viendra affecter la nappe d'eau potable juste en dessous."
"Notre impact sur l'estuaire est nul à négligeable"
10 000 tonnes de saumons seront produits chaque année, les rejets de cette mégaferme inquiètent. Frédéric Carlier, le directeur de la société, veut rassurer. "Notre impact sur l'estuaire est nul à négligeable. Toutes les eaux que l'on rejette sont désinfectées, Pure Salmon n'utilise pas d'antibiotique dans ces élevages. Donc on est rassurant là-dessus, on a fait toutes les modélisations et s'il y avait vraiment un impact sur l'estuaire, nous n'aurions jamais eu notre autorisation de la part des services de l'État."
Cette usine doit créer 250 emplois. Un argument qui ne convainc pas le député écologiste Benoit Biteau. Pour lui, les pêcheurs, les conchyliculteurs sont directement menacés. "En échange de ces quelques emplois créés sur le site, combien d'emplois diffus on va menacer avec la sortie d'un tel projet ? Ça fait des décennies qu'on travaille sur cet estuaire de la Gironde pour qu'il devienne un estuaire remarquable."
Avec ce feu vert, les travaux doivent débuter l'an prochain. Mais, un recours en justice est déjà prévu par des défenseurs de l'environnement et du bien-être des poissons.