Mondial-2026 : l’Angleterre et l’Argentine, vainqueurs de la Norvège et de la Suisse, ont rendez-vous en demi-finales
Portés par un très grand Jude Bellingham, auteur d’un doublé, les Anglais ont éliminé (2-1) la Norvège à Miami. Plus tard à Kansas City, l’Albiceleste a encore souffert pour battre en prolongation (3-1) une Suisse réduite à dix.
Dans la touffeur de Miami, le premier quart de finale du jour avait été annoncé comme un duel de fines gâchettes entre deux des meilleurs buteurs de la compétition : d’un côté Erling Haaland (7 buts) et, de l’autre, le capitaine anglais Harry Kane (6 buts). Ce dernier a bien cru ajouter une unité à son total, mais son but juste avant la mi-temps a été refusé pour hors jeu.
Et au final, aucun des deux n’a marqué dans ce cet affrontement entre deux équipes longtemps paralysées par l’enjeu.
Novice à ce stade dans un Mondial, la Norvège a attaqué la partie en défendant, laissant le ballon à des Anglais incapables d’être menaçants. Les hommes de Thomas Tuchel ont même été douchés à la 36e minute quand Andreas Schjelderup a déclenché un tir dans un angle impossible qui a lobé le gardien Jordan Pickford, fait trembler le poteau et fini au fond des filets.
La gifle a eu pour vertu de réveiller les Three Lions. Dix minutes plus tard, bien servi par Anthony Gordon, Jude Bellingham s’est chargé seul d’égaliser en faisant parler sa maîtrise technique dans la surface.
Le milieu du Real Madrid, brillant, s’est aussi chargé en début de prolongation de foudroyer la Norvège en reprenant en renard des surfaces un ballon mal repoussé par le gardien norvégien Orjan Nyland.
Si costauds depuis le début du tournoi, les Vikings ont semblé comme assommés en fin de match, à l’instar d’Erling Haaland inexistant, et remplacé en prolongation.
Bellingham, lui, a été salué en fin de match par un magnifique « Hey Jude » entonné dans le stade de Miami par le public anglais qui peut commencer à croire que cette Coupe du monde pourrait être la bonne.
« Nous nous sommes vraiment, vraiment compliqué la tâche aujourd’hui », a cependant déploré Tuchel. « Le résultat est fantastique. Etre en demi-finale, c’est incroyable, mais je ne suis pas satisfait de notre prestation. »
Depuis son unique titre mondial en 1966, l’Angleterre, berceau du football, ne s’était hissé que deux fois en demi-finale. C’était en 1990 contre l’Allemagne de l’Ouest, puis en 2018 contre la Croatie.
L’Argentine s’en sort toujours...
Mercredi, les Anglais affronteront les Argentins et on salive déjà de la perspective de cette affiche qui a presque toujours fait des étincelles.
La demie à Atlanta convoquera les souvenirs du match de 1966 remporté par l’Angleterre, du mythique quart de 1986 qui a immortalisé Diego Maradona à l’Azteca ou encore du huitième de 1998 à Saint-Etienne, favorable à l’Argentine et marqué par l’exclusion de David Beckham.
Cette année, le match sera très ouvert, d’autant que l’Argentine, tellement dépendante des coups de génie de Messi, a lutté à chacun de ses matches de la phase à élimination directe, face à des équipes qu’on annonçait pourtant largement à sa portée.
Après s’être fait peur contre l’étonnant Cap-Vert (3-2 a.p.) en 16e, puis contre l’Egypte (3-2) en 8e, les champions du monde ont été longtemps impuissants face à des Suisses pourtant à dix.
Une fois n’est pas couteuse, ce n’est pas Messi qui aura enfilé le costume de sauveur, mais Julian Alvarez qui a délivré la horde de supporters argentins d’une frappe lumineuse des 25 mètres dans la lucarne de Gregor Kobel.
Ainsi s’achevaient 40 minutes d’une héroïque résistance helvétique, avant un troisième but signé Lautaro Martinez sur une contre-attaque dans les arrêts de jeu.
Mais que ce fut difficile. Les jeux semblaient pourtant faits quand l’Argentin Alexis Mac Allister a ouvert le score dès la 10e d’une jolie tête sur un service de Messi. Mais son équipe n’a jamais été en mesure de clore les débats. Les Suisses sont même revenus au score en deuxième période, quand Dan Ndoye a réussi à tromper Emiliano Martinez après un habile une-deux avec Ricardo Rodriguez (67e).
Le tournant du match est intervenu cinq minutes plus tard. Sur une simulation aussi grossière qu’inutile à l’heure de la VAR, Breel Embolo a écopé d’un deuxième jaune et quitté le terrain en pleurs, réalisant sans doute que sa bêtise allait plomber les siens.