Mons : 80 heures de travail pour avoir frappé sa voisine, laquelle était aussi son ex-compagne

Mons : 80 heures de travail pour avoir frappé sa voisine, laquelle était aussi son ex-compagne

Sortir avec sa voisine de palier n'est déjà pas toujours une bonne idée. Mais continuer à vivre sur le même palier six ans après une rupture peut rapidement tourner au cauchemar. Un Montois vient d'en faire les frais : le tribunal correctionnel l'a condamné à effectuer une peine de travail de 80 heures pour avoir porté des coups à son ancienne compagne, qui est aussi sa voisine. S'il ne réalise pas ces heures, il devra purger huit mois de prison.

Les faits remontent au 5 novembre 2025. Vers 19h45, la police est appelée dans l'immeuble où vivent les deux protagonistes. La jeune femme présente un hématome au genou. Elle désigne son voisin de palier, dont elle est séparée depuis six ans, comme étant l'auteur des coups.

Disputes quotidiennes

Devant le tribunal, le prévenu ne conteste pas les faits. Il explique toutefois avoir été poussé à bout par une situation devenue particulièrement tendue. Le couple était resté ensemble durant douze ans et l'homme s'était notamment occupé du fils de son ex-compagne.

"Pendant des mois, elle me criait dessus. Chaque jour, elle m'énervait un peu plus. Elle m'a mis à bout", avait-il expliqué à l'audience.

Son passé judiciaire ne plaidait pourtant pas en sa faveur. Le Montois avait déjà été condamné pour des faits de violence. Et après les coups du 5 novembre, les tensions ne se sont pas apaisées. Menaces et insultes ont encore été échangées entre les deux voisins.

Une solution semblait évidente : déménager. Mais le prévenu ne veut pas quitter le logement qu'il occupe depuis plus de vingt ans. Les deux anciens partenaires continuent donc de vivre à quelques mètres l'un de l'autre.

Pour Me Shane Maes, l'avocate de la victime, le prévenu n'avait surtout jamais réellement accepté la rupture. "Il la poursuivait, la harcelait, critiquait ses vêtements. Il lui a fait vivre un véritable enfer", avait-elle expliqué.

Tous deux énervés

De son côté, Me Ambre De Coninck avait plaidé pour une peine de travail. L'avocate soulignait notamment que les deux protagonistes étaient particulièrement énervés au moment des faits.

Le ministère public s'était montré beaucoup plus sévère et s'était opposé à cette mesure, estimant qu'elle risquait de donner au prévenu un sentiment d'impunité. Il avait notamment rappelé que l'homme avait déjà bénéficié de deux mesures de faveur et qu'il était "encore dans le viseur de la justice".

Le tribunal a finalement suivi la défense et condamné le Montois à 80 heures de travail. Une peine qui lui évite la prison, à condition de l'effectuer. À défaut, les huit mois de détention prévus au jugement deviendront réalité.