Mons: La ville renforcer ses outils pour lutter contre le harcèlement scolaire
C'est un fléau qui n'épargne malheureusement aucune école. Certaines refusent cependant de voir le harcèlement scolaire comme une fatalité et tentent de s'équiper au mieux pour faire face et accompagner les enfants concernés. À Mons, les écoles communales s'apprêtent à franchir un nouveau cap grâce à une prévention plus structurée, un repérage des faits renforcé et une prise en charge plus efficace des situations problématiques. À travers une motion, Jonathan Darville (LB), conseiller communal, a ainsi proposé d'élaborer un plan communal intégré, avec notamment des personnes-ressources formées, des outils communs et une procédure de suivi harmonisée.
L'échevine de l'Enseignement, Argyro Gyparakis (LB), assure que le travail est déjà engagé. "La lutte contre le harcèlement scolaire fait partie de mes principales préoccupations depuis le début de la législature", souligne-t-elle. Le nouveau règlement d'ordre intérieur des écoles communales reconnaît notamment explicitement le harcèlement et le cyberharcèlement et précise les procédures de signalement.
La ville de Mons renforce la prévention du harcèlement scolaire dans ses écoles communalesMais la Ville veut désormais aller plus loin, notamment avec un projet pilote mené à Hyon. L'école doit devenir une "école de la bienveillance", avec notamment un travail mené autour des relations entre élèves. Le projet est mené avec deux psychologues et un groupe de travail réunissant plusieurs directions et une conseillère pédagogique. L'objectif est notamment de développer des outils communs autour du harcèlement et du cyberharcèlement. À Hyon, les élèves des 4e, 5e et 6e primaires doivent par exemple accompagner les plus jeunes, afin de leur apprendre l'importance de pouvoir compter les uns sur les autres et de ne pas rester silencieux lorsqu'ils sont témoins d'une situation.
Des outils communs
L'idée est ensuite de pouvoir s'appuyer sur cette expérience pour étendre la démarche aux autres implantations communales. Cette volonté de généralisation se retrouve dans la motion de Jonathan Darville. "Ces initiatives peuvent être utiles, mais elles doivent s'inscrire dans une méthodologie globale et cohérente pour être pleinement efficaces", estime le conseiller communal. Il souhaite notamment que chaque enfant sache "à qui parler", que les professionnels disposent d'outils pour distinguer un conflit ponctuel d'une situation de harcèlement et que chaque direction puisse s'appuyer sur des référents, une formation et une procédure claires.
Le nouveau règlement d'ordre intérieur constitue déjà une base. Il prévoit une procédure de signalement de la violence, du harcèlement et du cyberharcèlement, des espaces réguliers de parole ainsi qu'un cadre disciplinaire structuré. La motion demande d'aller plus loin avec un plan pluriannuel de formation des équipes, des outils permettant d'objectiver les situations, une information annuelle des familles et des canaux de parole adaptés aux enfants.
"Le harcèlement ne laisse pas toujours de traces visibles, et il n'est pas toujours simple de le distinguer d'un conflit ponctuel ou d'une chamaillerie, particulièrement chez les plus jeunes enfants", reconnaît Argyro Gyparakis. "Nos équipes ont besoin de repères clairs et partagés pour identifier les situations, intervenir de manière adaptée et accompagner correctement chaque enfant."
La Ville dispose par ailleurs déjà d'une expérience en matière de prévention, notamment avec Cyberhelp, un dispositif permettant aux élèves victimes ou témoins de signaler une situation et d'être mis en relation avec une personne relais formée dans leur école. Le projet a toutefois dû être suspendu faute de financement suffisant.
La motion a été votée à l'unanimité. "Elle vient soutenir et renforcer le travail de fond que nous avons déjà engagé", conclut Argyro Gyparakis.