Natasha Brown interroge l’information et la société britannique post-brexit dans « Les Universalistes »
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L’autrice anglaise Natasha Brown plonge le lecteur au cœur d’un fait divers mêlant anarchistes, banquiers et médias, tout en interrogeant la fabrication de l’information à l’ère des réseaux sociaux.Tout part d’un fait divers singulier. Dans une ferme isolée du Yorkshire, squattée par une bande d’anarchistes (Les Universalistes du titre), un des leaders du groupe est violemment assommé à l’aide d’un lingot d’or… disparu avec l’auteur du méfait.
Une jeune journaliste pigiste, Hannah va mener l’enquête et retrouver tous les protagonistes, notamment un banquier d’affaires cynique mais touchant par ses failles et rêves impossibles, une chroniqueuse polémiste et opportuniste, s’étant fait une notoriété par ses articles « anti-wokes » avant de décrocher une chronique dominicale dans The Observer. Et, à travers eux, elle va raconter l’histoire sordide de ce lingot d’or massif volé, effectué par un jeune paumé rejeté par sa mère, celle aussi d’un financier millionnaire infidèle.
Paru avec un grand succès en ligne, le long reportage d’Hannah va lui apporter son quart d’heure de gloire. Mais son récit haletant et limpide décrit-il réellement la vérité des faits ? Dans sa deuxième partie, le roman bascule en donnant le point de vue des différents participants au drame. Et de leurs intérêts différents à porter une telle histoire… Voire, à la construire comme la chroniqueuse polémiste, Lenny, dont on découvrira le rôle central dans cette affaire.
Regards croisés sur la société anglaise
Diplômée de Cambridge (en maths) avant de travailler dix ans dans la City de Londres, Natasha Brown en avait fait le cadre de son premier roman, Assemblage, autour des limites de la « méritocratie » pour une femme noire dans la société de classe britannique. Cette fois, elle élargit le champ à un regard en coupe, et incisif, sur la société britannique post-brexit et ses impasses, s’inscrivant dans le sillage d’un Jonathan Coe, avec moins d’ironie et un style plus sec.
Les Universalistes est aussi une réflexion critique sur l’information, ou plutôt la mise en scène de celle-ci à l’heure des réseaux sociaux et des mesures d’audience instantanées. Un double regard intéressant et original, à l’image de la construction-déconstruction narrative de son récit.
Les Universalistes, Natasha Brown, Éditions Grasset, 240 pages, 20,90 euros.Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) :
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