Nice. Tête de porc devant chez Christian Estrosi : un nouveau suspect incarcéré
Un homme de 36 ans, recherché depuis mars pour l'affaire de la tête de porc qui a empoisonné la campagne municipale à Nice (Alpes-Maritimes), a été interpellé cette semaine, mis en examen et écroué, a annoncé vendredi le parquet de Nice. Le soir du 27 février, Christian Estrosi, alors maire Horizons de Nice à la lutte pour un quatrième mandat, avait découvert devant chez lui une tête de porc et une affiche frappée d'une étoile de David et de l'inscription « connard ».
Quatre suspects avaient rapidement été identifiés, en partie grâce aux images de vidéosurveillance. Deux d'entre eux, originaires de Tunisie, avaient été interpellés, mis en examen et placés en détention provisoire. Les deux autres étaient toujours recherchés et l'un d'eux a été interpellé mercredi à Calais. Britannico-Tunisien, il se présente comme chef d'entreprise domicilié à Londres et reconnaît avoir participé à l'achat de la tête de porc mais conteste tout délit de sa part, a expliqué le procureur de Nice, Damien Martinelli, dans un communiqué. Il a été mis en examen pour participation à une association de malfaiteurs ainsi que provocation à la haine ou à la violence sur élu et placé en détention provisoire.
« Machination absolument ignoble »
À deux semaines du premier tour de l'élection municipale, l'affaire avait secoué la fin de campagne, les liens des suspects avec des membres de l'entourage de Christian Estrosi alimentant des soupçons de complot. Le maire sortant avait pour sa part dénoncé des infiltrations et trahisons et « une machination absolument ignoble ».
L'un des deux Tunisiens rapidement interpellés, spécialiste en informatique, avait en effet été en contact avec une responsable de la communication de Christian Estrosi et a même rencontré le maire pour évoquer des actions de communication sur les réseaux sociaux. Et deux autres personnes ont été mises en cause, un ancien policier de la Direction de la surveillance du territoire (DST) de 79 ans reconverti en détective privé et un spécialiste marketing digital âgé de 46 ans.
Le premier, qui conteste sa participation aux faits et se présente comme étant d'extrême droite, a été mis en examen pour accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données et association de malfaiteurs et placé sous contrôle judiciaire. Le second a été mis en examen pour violences aggravées envers un élu public, provocation publique à la haine ou à la violence et association de malfaiteurs. Il a été assigné à résidence sous surveillance électronique.