Olivier et Ludovic, père et fils, luttent contre l'incendie des Fagnes : "J'ai vu le feu arriver sur moi, avec une hauteur de 10 mètres"

Olivier et Ludovic, père et fils, luttent contre l'incendie des Fagnes : "J'ai vu le feu arriver sur moi, avec une hauteur de 10 mètres"

Plusieurs centaines de pompiers ont été mobilisés tout au long de ces trois premières journées de lutte contre cet incendie qui est le plus important connu dans notre plat pays. Parmi ceux-ci, on retrouve notamment Olivier et Ludovic Blum, père et fils, qui ne comptent plus leurs heures et leur bravoure pour sauver ce qui peut encore l'être. "C'est un feu qui est difficile à traiter notamment au niveau de son étendue avec une accessibilité qui n'est pas simple sur les points de front du feu, débute Olivier. Il y a des endroits qui étaient totalement inaccessibles pour les pompiers. Moi, je ne suis que dans le camion-citerne et la majorité des chemins sont tout à fait carrossables. Par contre, pour les pompiers qui sont dans la tourbe, c'est pour se casser des chevilles."

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Olivier et Ludovic sont pompiers de père en fils au sein de la zone de secours Vesdre - Hoëgne & Plateau. Ils travaillent à éteindre l'incendie depuis ce vendredi. ©

C'est ce que vit actuellement Ludovic, âgé de 33 ans et faisant partie de la caserne de Spa, au sein de la zone de secours Vesdre-Hoëgne & Plateau, comme son papa. "Ce n'est pas simple de marcher dans la tourbe, une lance à la main. Puis, même si le feu est éteint, cela peut vite reprendre. Par exemple, samedi, près du parking à Botrange, cela reprenait dans la sapinière. Et si on ne passait pas par là à ce moment-là, ça reprenait complètement. On a donc directement calmé le feu."

À propos de feu, Ludovic Blum et ses collègues l'ont vu de très près à plusieurs reprises depuis le début de l'incendie. "Le souci ici, c'est que le vent va dans tous les sens. Vendredi, j'ai vu des tourbillons de flammes de 5 ou 6 mètres de haut à seulement une dizaine de mètres de nous. Là, on ne faisait pas les malins, notamment au niveau de Bellecroix, dans la nuit de vendredi à samedi. Il y a aussi un moment où le feu allait vers le village de Jalhay et il avait une hauteur de 10 mètres ! C'était vraiment très impressionnant. On a donc protégé la fagne à cet endroit pour ne pas qu'il passe vers Jalhay, notamment en coupant le feu à partir de la route."

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Ludovic Blum était sur le terrain, lance à la main. ©

Ludovic se souvient également de l'incendie de 2011, qui était le précédent record. "J'ai connu le feu en 2011 alors que j'avais 18 ans. Je l'ai vu du signal de Botrange avant qu'on se fasse évacuer car il se dirigeait vers là. Mais celui de 2026 est deux fois plus impressionnant et plus puissant." Même son de cloche auprès du papa, Olivier. "C'est un feu qui est plus long qu'en 2011, au niveau de la durée et au niveau de l'étendue. Même s'il y a plus de moyens engagés qu'il y a 15 ans, le vent ne cesse de changer de sens. Cet élément joue un grand rôle dans ce feu. Ça fait 37 ans que je suis pompier, et, hormis les inondations, c'est la plus grosse catastrophe que j'ai pu connaître dans ma carrière."

La famille Blum n'hésite pas à mouiller la combinaison, même pour venir en aide à d'autres services de secours. "Vendredi, j'ai téléphoné à un responsable de Spa Monopole car en étant sur place avec mon camion-citerne, j'ai croisé des policiers qui étaient quelque peu dépourvus. Il y en a même un qui était complètement déshydraté. J'ai donc demandé à Spa Monopole si la société pouvait amener des bouteilles d'eau pour les services de secours, ce qu'elle a fait."

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Le papa Olivier (à gauche) travaille sur une des citernes de la zone VHP. ©

On le sent, aider son prochain est ce qui anime au quotidien Olivier et Ludovic. "Nous sommes volontaires, donc nous avons nos boulots respectifs. Quand nous ne sommes pas sur le feu, nous travaillons. Mais dès qu'on peut, on est disponibles pour aider et être de garde. Être pompier, c'est avant tout une passion. Et je suis très fier de voir mon fils suivre la voie des pompiers." Une passion bien vivante chez Ludovic. "C'est en effet une passion qui est venue de mon papa et je voulais faire ça depuis tout petit. Je suis fier de lui et de son parcours comme pompier, j'adore ce qu'il fait."

Enfin, Ludovic voudrait en profiter également pour remercier tous ces bénévoles qui aident à sauver les Fagnes. "Je voudrais souligner l'aide reçue de la part des agriculteurs et de la protection civile. J'ai un énorme respect pour eux. Ils font un travail de malade et chapeau à eux. Si on ne les avait pas eus, on aurait été dépassés en certains endroits, surtout quand le feu descendait sur Jalhay. Sans eux, il passait."

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