Olivier Maingain refuse de participer à la 2e journée sans voiture et clashe Elke Van den Brandt : "Les subsides ont été coupés"

Olivier Maingain refuse de participer à la 2e journée sans voiture et clashe Elke Van den Brandt : "Les subsides ont été coupés"

La guerre de la mobilité est relancée entre Woluwe-Saint-Lambert et la Région bruxelloise. Alors que la journée sans voiture se tiendra ce dimanche, le bourgmestre Olivier Maingain (Lib. res) annonce que sa commune ne participera pas à une deuxième journée sans voiture, devant se tenir le 02 mai 2027. Pour la première fois, Bruxelles en organisera deux sur une même année. Une décision que le bourgmestre justifie notamment par la baisse des subsides régionaux accordés à plusieurs initiatives locales en faveur du vélo.

"Les subsides que nous demandions chaque année ont été coupés", déplore Gregory Matgen, échevin de la Mobilité. La commune assure avoir appris il y a quelques semaines que Bruxelles Mobilité ne soutiendrait plus certaines de ses actions.

Woluwe-Saint-Lambert met notamment en avant sa brocante vélo, présentée comme la plus importante de la Région, les tests de vélos électriques organisés avec les Ateliers de la rue Voot ou encore un projet développé à Andromède autour de l'apprentissage du vélo et de l'émancipation des femmes.

"Nous le regrettons très fort parce que la Région bruxelloise demande aux communes de s'investir, notamment en organisant une deuxième journée sans voiture, qui représente également un coût budgétaire. Mais dans le même temps, des actions très structurelles ne seront plus soutenues", pointe Gregory Matgen.

La commune entend malgré tout poursuivre ces actions "dans la mesure du possible".

Woluwe-Saint-Lambert fait cavalier seul

Olivier Maingain va plus loin et s'en prend directement aux choix budgétaires du gouvernement bruxellois et à la ministre de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen). "Les choix budgétaires faits par le gouvernement régional ne sont pas des choix qui favorisent la pratique du vélo par les publics les plus défavorisés", estime-t-il. "En sabrant dans les dépenses qui permettent d'encourager la pratique du vélo par des personnes qui n'ont jamais eu recours à un vélo, Madame Van de Brandt préfère une deuxième journée sans voiture plutôt qu'un vrai soutien, notamment aux associations qui développent la pratique du vélo."

Une deuxième journée sans voiture coûterait… plus de 40 000 € pour Woluwe-Saint-Lambert

Pour le bourgmestre, le financement d'une deuxième journée sans voiture ne doit pas se faire au détriment d'actions permettant à des personnes qui ne pratiquent pas le vélo de s'y mettre. "Nous préférons mettre nos moyens budgétaires dans des partenariats plus utiles et plus efficaces", affirme-t-il.

Conséquence : Woluwe-Saint-Lambert ne participera pas à la deuxième journée sans voiture. "Je le dis très clairement. Woluwe-Saint-Lambert ne participera pas à une deuxième journée sans voiture. Nos choix chez nous sont clairs : une politique sociale du vélo", résume Olivier Maingain.

"Woluwe-Saint-Lambert n'est pas la commune oubliée"

Le cabinet d'Elke Van den Brandt conteste toutefois le lien établi entre les deux dossiers. Il rappelle qu'en 2026, Woluwe-Saint-Lambert a reçu 324.000 euros pour ses activités structurelles, contre 345.000 euros en 2025. Surtout, près de 780.000 euros sont prévus cette année pour des projets structurants d'infrastructures dans la commune.

Pour les projets cyclistes, le cabinet affirme même que Woluwe-Saint-Lambert est, en 2026, la commune bruxelloise qui reçoit le plus de subsides. "Woluwe-Saint-Lambert n'est pas la commune oubliée", explique-t-il à La Dernière Heure. La Région souligne également que les baisses budgétaires concernent toutes les politiques et pas uniquement le vélo.

Sur la deuxième journée sans voiture, le cabinet assure avoir travaillé avec les communes et affirme que toutes les autres ont accepté d'y participer. Il pointe également les craintes exprimées par les communes limitrophes quant aux conséquences sur leur territoire. Et estime que le refus de Woluwe-Saint-Lambert relève surtout de la communication politique.

La Région met enfin en garde contre un effet secondaire : certaines voiries régionales ne pouvant pas être fermées par la commune, Woluwe-Saint-Lambert pourrait devenir un "parking à ciel ouvert" pour les automobilistes. "Les habitants de Woluwe-Saint-Lambert sont les premières victimes de cette décision."

Elke Van den Brandt réagit elle aussi sèchement. "Ce n'est pas la Région qui entend priver les habitants de Woluwe-Saint-Lambert d'une seconde journée sans voiture. C'est leur propre bourgmestre qui en prend la responsabilité."

Du côté d'Ecolo, la décision passe également mal. Elsa Boonen, cheffe de groupe au conseil communal, dit avoir appris la nouvelle via la vidéo sur les réseaux sociaux et dans le journal communal. "Je ne suis pas surprise, mais déçue", résume-t-elle, reprochant à Olivier Maingain d'avoir une nouvelle fois fait "cavalier seul".

Selon elle, les habitants de Woluwe-Saint-Lambert seront privés d'une journée avec "moins de bruit et une meilleure qualité de l'air". Elle estime aussi que le refus communal pourrait mettre les habitants en danger. "Woluwe-Saint-Lambert n'est pas une île. En refusant la deuxième journée sans voiture, Olivier Maingain choisit d'isoler et de pénaliser les habitants de la commune. C'est également une mise en danger. Notre commune sera le parking des personnes qui profiteront de cette seconde journée sans voiture. Il y aura davantage de danger pour les piétons et les cyclistes, les enfants ne pourront pas jouer en toute sécurité dans l'espace public."

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