« On n’a rien à perdre » : champion du monde d’endurance moto et double vainqueur des 24 Heures du Mans, ce pilote azuréen rêve de décrocher enfin le Bol d’Or cette semaine au Castellet

« On n’a rien à perdre » : champion du monde d’endurance moto et double vainqueur des 24 Heures du Mans, ce pilote azuréen rêve de décrocher enfin le Bol d’Or cette semaine au Castellet

Au terme d’une saison 2026 « compliquée » pour la Honda F.C.C. TSR n°5, le Cannois Alan Techer espère conjurer le sort… et trouver enfin le chemin du podium à domicile. Rencontre avant le top départ du 89e Bol d’Or (17-20 septembre).

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GI.L

Gil Léon

Créé le 14 septembre 2026 • 19:15

Mis à jour le 14 septembre 2026 • 19:26


Alan Techer : «  Ramener un petit Bol à la maison, ça me plairait bien ».
Alan Techer : «  Ramener un petit Bol à la maison, ça me plairait bien ».
Photo Jean-Marie Farina

Et si c’était la bonne année ? Après tant de tentatives infructueuses sur la scène varoise du Bol d’Or, et au moment où le team F.C.C. TSR Honda France est englué dans le ventre mou de la hiérarchie, très loin de la course au titre EWC (14e avec 19 petits points au compteur après trois manches sur quatre), et si Alan Techer décrochait enfin la timbale dont il rêve ? Couronné champion du monde d’endurance en 2018, vainqueur puissance 2 des 24 Heures du Mans (2018, 2023), le pilote cannois de la Honda de pointe frappée du numéro 5, qui vient de souffler sa 32e bougie, a un gros manque à combler à domicile. Formant un trio homogène avec le compatriote Corentin Perolari et l’Écossais John McPhee, ce régional de l’étape est prêt à jeter toutes ses forces dans la féroce bataille qui se profile droit devant.

Alan, vous vous souvenez de votre premier Bol d’Or ?

2015, l’année du retour du Bol au Castellet ! Mon premier double tour d’horloge commence plutôt bien. Avec la Yamaha n°333 du team Vitaïs, je signe le 2e temps du Superstock. Hélas, la course vire au désastre. Je voulais absolument éviter la chute. Pousser la moto jusqu’au garage, c’était ma hantise. Évidemment, je suis tombé ! À cause d’une fuite d’huile, pas très loin de l’entrée de la pitlane, dans le virage du Lac, à 6 heures du mat’, alors qu’on tenait la 9e place du général. La séance de poussette avec les roues tordues, impossible de l’oublier. J’ai plongé direct dans le grand bain !

Ce jour-là, si on vous avait dit que vous coifferiez la couronne EWC trois ans plus tard…

Pff, à l’époque, j’étais encore focalisé sur la vitesse. En 2016, je me bats pour le titre de champion d’Europe Moto2 (CEV, ndlr) avec le Mondial dans le viseur. Malgré une victoire et plein de podiums, aucune porte ne s’ouvre en fin de saison. Parallèlement, le team F.C.C. TSR me faisait confiance depuis le printemps. J’ai prolongé l’aventure avec eux en endurance, voilà comment ça s’est goupillé.

Aujourd’hui, échangeriez-vous l’une de vos deux victoires aux 24 Heures du Mans contre un Bol d’Or ?

Ah oui, sans hésiter. Ramener un petit Bol à la maison, ça me plairait bien. Je ne suis jamais monté sur le podium au Castellet alors que je vais toujours super vite sur cette piste. Incroyable mais vrai ! Encore l’an dernier, avec Coco (Perolari), on imprime un rythme d’enfer. Je claque le meilleur tour en course. Et puis le moteur nous lâche…

Depuis le succès aux 8 Heures de Spa 2025, le team F.C.C. TSR Honda France enchaîne les frustrations. Que se passe-t-il ?

2026, c’est vraiment très compliqué. Au Mans, nous perdons un temps fou après la chute d’un coéquipier (Perolari). À Spa, casse moteur alors qu’on se bat pour le podium. À Suzuka, c’est un petit problème de consommation que l’équipe paie cash : panne d’essence dans le dernier tour d’un relais. C’est rageant parce qu’il y a tout pour performer.

Votre nouveau partenaire, le rookie John McPhee, s’est-il vite adapté ?

Rien à dire. D’abord, humainement, il est génial. Il s’implique à fond. Attention, c’est quand même un gars qui a gagné des Grands Prix (4 victoires en Moto3). Donc il connaît la chanson. L’équipe a participé aux essais pré-Bol (les 1er et 2 septembre) exprès, afin qu’il puisse prendre ses repères sur ce circuit Paul-Ricard qu’il découvre. Lui, Coco et moi, on a le même gabarit. On fait à peu près le même poids. On est synchro, quoi !

Dans quel état d’esprit allez-vous aborder cette finale ?

Vu notre classement au championnat, on n’a rien à perdre. Rien à calculer. L’an dernier, nous tenions la cadence du SERT (la Suzuki qui a remporté cinq des six dernières éditions). L’important, c’est de trouver le meilleur compromis entre performance et consommation, histoire d’allonger les relais au maximum. Le paramètre fiabilité, les pilotes ne le maîtrisent pas. Alors croisons les doigts. Après trois abandons d’affilée au Castellet (2023, 24, 25), j’ai vraiment envie d’aller au bout. Et de finir tout en haut.


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