"On s'y est plongés corps et âme" : Ils rachètent une maison abandonnée dans le Lot et la transforment en parc féerique peuplé de dragons et d’insectes géants
l'essentiel Niché à Tour-de-Faure, dans le Lot, un domaine de 2 800 m² abrite un projet familial hors du commun : la Tortue Volante. Il y a trois ans, le photographe de renommée internationale Alain Laboile et sa tribu ont posé leurs valises dans une bâtisse abandonnée pour la transformer en un incroyable parc artistique à ciel ouvert. Entre clichés intimistes et sculptures d'insectes géants, cette famille hors norme invite le public à une déambulation onirique.
Ils ont transformé une maison abandonnée du Lot et la font revivre en imaginant un parc artistique. C'est à Tour-de-Faure que la famille Laboile a décidé de poser ses valises, il y a maintenant trois ans. Arrivés de Gironde, ils ont tout de suite décelé le potentiel de la bâtisse. "On s'y est plongés corps et âme, il y avait beaucoup de travaux. Le jardin ressemblait à une micro-forêt", se rappelle Anne, la mère. Pendant un an, ils ont réaménagé la demeure et les extérieurs avec un but précis : "On avait initié ce projet pour qu'Alain puisse exposer ses photos et ses sculptures". Le patriarche n'est pas un novice en la matière. Il s'est imposé comme un artiste reconnu en France comme à l'international grâce à ses portraits de famille.
Un showroom à ciel ouvert
Pendant plusieurs années, il a immortalisé des moments de vie de ses enfants et de sa femme, lorsqu'ils habitaient dans le sud de la Gironde. Là-bas, c'était un quotidien au plus près de la nature, dans "un milieu sauvage, à la Robinson", selon Anne. Les parents et leurs six enfants vivaient au bord d'une rivière, à l'écart de la société. Alain Laboile les a photographié tout au long de leur jeunesse. Ses clichés, capturant le quotidien de sa fratrie, ont captivé le New York Times avant de faire le tour du monde. Mais le quinquagénaire est aussi sculpteur. C'est en liant ces deux passions qu'il a imaginé la Tortue Volante à Tour-de-Faure. "On voulait faire un showroom à ciel ouvert en mélangeant ses photos et ses sculptures", indique Anne.
Toute la petite famille a ainsi aménagé le jardin de la propriété de 2 800 m² ouvert au public, dans une ambiance féérique où s'entremêlent les deux universes de l'artiste. "On vit sur place, sur le projet artistique", souligne Anne Laboile. "C'est un luxe", poursuit son mari. Les visiteurs sont notamment accueillis par une araignée géante, les pattes représentant les huit membres de la famille. Tout au long de la promenade, le public découvre tout l'univers des Laboile, avec toute une ribambelle d'insectes, plus grands que nature. Toutes ces créations ont évidemment des anecdotes, comme le dragon qui trône au milieu du parc. "C'est un dragon lecture. Quand on était en Gironde, j'y emmenais les enfants pour qu'ils s'y installent à l'intérieur et prennent le temps de lire pendant au moins une heure", raconte Anne.
Une inspiration du Lot
La plupart des installations ont été imaginées sur leur ancienne résidence et ont un lien direct avec leur vie, mais d'autres sont des créations plus récentes comme la grotte avec des dessins rupestres, directement inspirée de Pech-Merle, le tout fabriqué par Alain Laboile. Mais ce n'est pas tout, pour la deuxième année d'ouverture de la Tortue Volante, la famille a agrandi l'espace de visite, avec une zone entièrement dédiée aux animaux de la forêt, reliée par un escalier en bois, toujours dans le jardin. Un renard, un lièvre et un sanglier se côtoient ainsi au sein de cet espace, illustrant la faune locale. "On a joué avec les dimensions. L'idée était de montrer qu'il n'y avait pas de hiérarchie dans le monde animal. À nos yeux, ils ont tous la même valeur et sont identiques". Le Lot continue d'inspirer l'artiste qui développe petit à petit ce parc artistique.
Pourquoi la "Tortue Volante" ?
C'est un nom féérique qu'ont donné Anne et Alain Laboile au parc artisitique, pourtant, en regardant de fond en comble, impossible de trouver une tortue volante. "On voulait un nom qui parle à tous. Entre les photos, les sculptures, on ne trouvait rien", explique l'artiste. "On a pensé à cet animal, on a fait le logo, il ne manque plus qu'à la créer", dit-il en plaisant. Le projet est bien en marche, mais il faut maintenant qu'Alain Laboile trouve du temps. "On s'amuse à dire à certains enfants qu'elle s'était envolée et qu'elle allait revenir", sourit Anne. De quoi continuer à développer l'imaginaire de chacun.