"On veut des mesures fortes": dans une école maternelle de Strasbourg, les parents sous tensions après des accusations de violences sexuelles entre élèves

"On veut des mesures fortes": dans une école maternelle de Strasbourg, les parents sous tensions après des accusations de violences sexuelles entre élèves

"On veut des mesures fortes": dans une école maternelle de Strasbourg, les parents sous tensions après des accusations de violences sexuelles entre élèves

Publié aujourd'hui à 19h12

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Des enfants de maternelle. (illustration)

Des enfants de maternelle. (illustration) - Eric Cabanis - AFP

Lundi 14 septembre, une partie des parents d'élèves d'une école maternelle de Strasbourg ont gardé leurs enfants pour protester contre la gestion d'une affaire de violences sexuelles entre enfants.

La plupart des parents d'élèves d'une école maternelle de Strasbourg ont gardé leurs enfants chez eux lundi 14 septembre, pour protester contre la manière dont l'Éducation nationale a réagi à des accusations de violences sexuelles qu'aurait exercées une fillette de 5 ans sur plusieurs de ses camarades.

"On veut des mesures fortes. Qu'on sache exactement pourquoi les signalements n'ont pas été faits dans les temps, pourquoi rien n'a été fait l'année dernière, pourquoi il y a eu une omerta autour de ça", a dit Cédric, un parent d'élève, père d'une enfant de 4 ans, qui a participé à ce mouvement de protestation. "Il faut que les enfants soient protégés et qu'on les écoute", a-t-il ajouté.

Sept enfants concernés

Dans cet établissement du centre-ville, sept enfants disent avoir été victimes d'agressions sexuelles, voire de pénétrations digitales, au cours de l'année scolaire 2025-26, de la part d'une enfant de 5 ans, selon les témoignages rapportés par des parents.

"Il y a eu très clairement de la part de l'école un discours de minimisation des faits", se désole Aurore (prénom modifié), dont les deux enfants, alors âgés de 3 et 4 ans, ont rapporté des épisodes problématiques. "On nous a dit que des histoires de culottes il y en a tous les ans, que c'était de la curiosité enfantine, qu'il ne fallait pas surréagir. Mais pour nous, les doigts dans la 'zézette', c'est pas de la curiosité enfantine".

"Fin août, on nous a dit par mail que la petite fille mise en cause ne serait plus scolarisée en maternelle. Sauf que cette année elle est en CP dans la même école, donc les enfants vont encore la croiser", s'insurge Aurore.

Ce lundi soir, le directeur académique a annoncé que l'enfant mise en cause allait changer d'école, a témoigné Aurore, qui a participé à cette réunion. "C'est ce qui nous semblait indispensable pour que nos enfants puissent aller à l'école sans crainte", a-t-elle dit, espérant que l'enfant bénéficiera d'un suivi dans son nouvel établissement.

Les parents en colère disent n'avoir appris qu'en juin, à la faveur d'une réunion, que les faits rapportés par leur enfant n'étaient pas isolés.

"Des comportements inappropriés"

Dans un mail envoyé aux familles le 8 septembre, la directrice d'école a concédé que "l'année dernière, certains enfants de maternelle ont pu avoir des comportements inappropriés touchant à l'intimité".

"Les situations signalées ont fait l'objet des procédures appropriées", défend le rectorat, qui a ordonné une enquête administrative au sein de l'école, proposé un accompagnement psychologique à certains élèves, et transmis un signalement à la cellule de recueil, de traitement et d'évaluation des informations préoccupante (CRIP).

La mairie de Strasbourg assure de son côté avoir "pris très au sérieux les alertes formulées" et indique que "pour l'année scolaire 2026-2027, plusieurs mesures sont mises en œuvre" dont une "surveillance renforcée" de la cour et des sanitaires.

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