L’oléoduc vers la C.-B. bientôt classé d’intérêt national
Le gouvernement fédéral fait avancer la procédure en vue de désigner un projet d'oléoduc vers la côte ouest comme projet d'intérêt national.
La désignation d’un projet d’intérêt national en vertu de la Loi visant à bâtir le Canada permet au gouvernement d’accélérer les procédures d’autorisation et de contourner certaines lois environnementales.
Un avis publié dans la Gazette du Canada le 1er août fixe au 18 septembre la date limite pour soumettre des commentaires sur cette désignation d’intérêt national.
La proposition d’oléoduc a déjà été transmise au bureau des grands projets du gouvernement, avec le gouvernement de l’Alberta désigné comme promoteur. L’oléoduc serait détenu par Trans Mountain, l’Alberta Petroleum Marketing Commission et Pembina Pipeline Corporation.

Le nouveau projet de pipeline suivrait le même corridor que le pipeline existant Trans Mountain, mais il aboutirait plus au sud. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Pembina détient une participation de 10 % dans la construction, avec une option d’achat de 10 % de plus une fois que l’oléoduc sera opérationnel.
L'avis du gouvernement précise que le ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, collaborera avec les gouvernements de l'Alberta et de la Colombie-Britannique, tandis que des consultations avec les communautés autochtones sont en cours.
Dans « l'intérêt des grandes compagnies pétrolières », dit le NPD
Julia Levin, directrice adjointe d'Environmental Defence, a critiqué le gouvernement pour avoir discrètement lancé ce processus pendant une longue fin de semaine.
Cette fin de semaine, alors que les Canadiens de tout le pays font face à des incendies de forêt et aux conséquences d’inondations et de vagues de chaleur dévastatrices, le premier ministre [Mark] Carney a discrètement fait avancer ses projets d’oléoduc, a accusé Mme Levin dans un communiqué.
Il n’est pas étonnant qu’il ait voulu éviter d’attirer l’attention sur ce projet risqué tant sur le plan environnemental qu’économique, et sur la vitesse vertigineuse à laquelle il souhaite le faire approuver sans supervision appropriée.
Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Avi Lewis, a affirmé que le projet d’oléoduc revenait à une aide aux entreprises à une échelle surréaliste et a souligné qu’il n’était pas principalement soutenu par le secteur privé.
Pour les Canadiens de tout le pays, c’est une véritable insulte que de qualifier ce projet, véritable bombe climatique, "d’intérêt national", a soutenu M. Lewis dans un courriel.
C’est certainement dans l’intérêt des grandes compagnies pétrolières. Mais cela n’apporte absolument rien aux personnes qui peinent à faire face au coût de l’alimentation et du logement, à la hausse des coûts liée à la privatisation des soins de santé, et bien sûr à l’angoisse quotidienne face à l’effondrement climatique.
La définition que donne le gouvernement de l’intérêt national inclut les projets susceptibles de renforcer l’autonomie, la résilience et la sécurité du Canada, d'engendrer des retombées économiques, de présenter de fortes chances de réussite, de promouvoir les intérêts des peuples autochtones et de contribuer à une croissance propre ainsi qu’à la réalisation des objectifs du pays en matière de changement climatique.
L’oléoduc proposé est un élément central de l’accord énergétique conclu entre le gouvernement fédéral et celui de l’Alberta.
Ce pipeline, d’une longueur d’environ 1250 kilomètres, acheminerait plus d’un million de barils de pétrole brut par jour depuis Bruderheim, en Alberta, vers un port situé près de Delta, en Colombie-Britannique, en vue de son expédition vers les marchés internationaux.
Les conservateurs ont aidé le gouvernement à faire adopter la Loi visant à bâtir le Canada il y a plus d’un an et, à ce jour, le gouvernement a fait avancer trois projets en vue de leur désignation d’intérêt national.
Il s’agit du projet routier et portuaire de Grays Bay au Nunavut, de l’autoroute de la vallée du Mackenzie dans les Territoires du Nord-Ouest et du site de stockage géologique profond de l’Organisation de gestion des déchets nucléaires dans le nord de l’Ontario.
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